Revox A78 MKII

Revox A78 MKII
Rachid (Rocknrach sur le forum) m’a fait un très beau cadeau. Un Revox A78 MKII. Bien sur, il m’avait prévenu que la bête ne fonctionnait pas correctement. Qu’importe, c’est mon premier Revox, merci l’ami !

Son état esthétique est moyen et il a subit une précédente intervention avant son acquisition par Rachid.
Premier essai sur les enceintes suicides.
Mouais en effet, ce n’est pas génial, un canal grésille quand on monte un peu le volume et ce qui sort de l’autre enceinte est très loin d’être bon.

Revox A78 MKII
La modularité de l’appareil est exemplaire, c’est une caractéristique bien connue du constructeur.
Ce qui saute aux yeux ce sont deux chimiques de filtrages remplacés sur les quatre présents.
Cet appareil est, de base, rempli de condensateurs de marque FRAKO qui sont généralement dans un état de délabrement total.
Je m’empresse alors de tester les deux chimiques de filtrage restant (4x 4700uf) de la marque maudite. Ouf, la capacité est bonne, l’esr aussi et physiquement, pas de coulure. Ca tombe bien, je n’avais rien pour les remplacer ceux-là…

Revox A78 MKII
Quatre vis plus tard, la quasi-totalité des cartes sont démontées.

Revox A78 MKII
Les deux cartes drivers ont été révisées précédemment, chimiques et trimmers de réglages de bias et d’offset ne sont pas d’origine. Un simple contrôle suffit à vérifier le bon état de ces cartes.

Revox A78 MKII
Les deux cartes » lignes ».
L’une n’a plus ses chimiques originaux.

Revox A78 MKII
Contrôle de la totalité des condensateurs, tous les chimiques sont changés (les Frako étaient au bout du rouleau). Je change également deux condensateurs tantales verts dont les mesures étaient loin d’être catholique.

Revox A78 MKII

Revox A78 MKII

Revox A78 MKII
La carte « phono ». Encore et toujours les Frako, plus certains tantales.

Revox A78 MKII

Revox A78 MKII
Sur cette carte les deux Frako étaient complètement hors normes, plus de 450uf pour l’un au lieu de 220uf. L’accessibilité est moyenne, mais avec un peu de patience, c’est faisable.

Revox A78 MKII
La carte de régulation d’alimentation. Pas facile à atteindre celle-ci (private joke n’est ce pas Stéphane ?).

Revox A78 MKII
En démontant les prises jacks présentes en façade, on découvre des trous permettant de dévisser les vis de fixation de cette carte, cela donne suffisamment de place pour changer les deux chimiques présents.

Revox A78 MKII
Et d’ailleurs que trouve-t-on derrière la façade ?

Revox A78 MKII
Revox A78 MKII
Deux méchants Frako vite remplacés.

Revox A78 MKII
Gros plan sur les transistors de puissances originaux, RCA 16319-

Revox A78 MKII
Petite vue des fesses de l’engin et de l’upgrade fait par un ancien propriétaire. Il y a pire.

Revox A78 MKII
Pour comparaison, voici une photo de l’arrière d’un A78 MKII « stock ». Photo venant du forum audiophilefr.com.

Revox A78 MKII
Voici les gagnants.

Après remontage de l’ensemble, je remets en route : parfait, plus de grésillement, les deux canaux ont l’air correct.
J’ouvre le manuel de service pour ajuster la bête.

Revox A78 MKII
Je commence par l’alimentation, 21 volts au lieu de 24, vite corrigé grâce au trimmer présent.

Revox A78 MKII
Je passe ensuite à l’offset. Les deux canaux sont dans les choux, 130mv pour l’un, 160 mv pour l’autre. Deux coups de tournevis plus tard, il est à moins de 3mv à droite et à gauche.

Revox A78 MKII
Je termine par le bias, 90mv à gauche, 70 à droite, au lieu de 20mv. Ca chauffait un peu, une fois ajusté, ça chauffe plus.
Après réglage du bias je re-contrôle l’offset qui n’a que peu changé, parfait.

Revox A78 MKII
Après l’avoir « rodé » sur les enceintes suicides, je passe à l’écoute.
Philips CD104 en source, et Confluence Solstice au cul du Revox.
Comme d’habitude j’utilise mon CD de prédilection, Oscar Peterson, We get request et j’attaque d’emblée avec You look good to me.
Pas mal du tout, voir même très bien ! Précision et douceur, ça j’aime !
Je repars de la première piste et j’écoute le disque complet, c’est bon signe.
Je passe deux albums plus récents, La Grande Sophie, Et si c’était moi, puis Jack Johnson, Sleep Through The Static.
Ca tient la route, c’est dynamique, avec une légère brillance dans le médium aigu plus ou moins bienvenue selon les morceaux.

J’en profite pour faire des écoutes comparatives. Le Revox est mis en concurrence avec le Marantz 1120 et le Marantz 1060, ce dernier n’ayant pas tourné depuis un moment.

Marantz 1120
Le 1120 est très à son aise sur les Confluence, il descend plus dans les graves et il est plus « « brutal » que le doux Revox.
La contrebasse de Ray Brown dans « You look good to me » est mieux définie sur le Marantz avec un plus de « corps ». Le piano est superbe sur les deux amplis.

Marantz 1060
Après avoir été mis en chauffe un bon moment, je passe au 1060. L’écoute est bien différente des deux amplis précédents.
Durant les premières minutes d’écoute, on à l’impression qu’il manque du relief, de la vie, bref, que c’est bien plat.
Et puis inconsciemment, on enchaine les morceaux les uns après les autres, certains détails oubliés apparaissent. Lors de sa présentation initiale il y a plus de deux ans, j’avais dit du 1060 que c’était un amplificateur précis et doux. Grace à ces essais, je vais pouvoir affiner l’article en conséquence.
L’équilibre tonal est vraiment troublant. Les deux albums récents passent correctement mais je ne parviens pas à apprécier Oscar Peterson sur cette configuration. Ca manque de « chair », du moins sur les Confluence. Le 1060 semble incapable de faire passer l’émotion du morceau.

B&W DM4
Je décide alors de refaire les écoutes sur les B&W DM4.

Le 1120 est toujours très bon, les premières notes de la contrebasse de « You look good to me » jouées à l’archet, se rapprochent de ce que peux donner les Quad II sur ces mêmes enceintes. C’est un joli compliment !
Le piano manque un peu de détails par rapport aux Solstice.
La Grande Sophie passe très moyennement sur ces enceintes, les Dm4 semblent avoir du mal à tenir le rythme. Jack Johnson est plus cool, les instruments sont bien séparés et détaillés, et la voie est vraiment superbe.

Je passe au Marantz 1060. Les Dm4 moins « analytiques » que les Confluence rendent l’écoute de « You look good to me » plus soyeuse, moins fade.
La contrebasse est cependant en retrait par rapport au 1120. Le 1060 fait dans la retenue, je me demande si il n’est pas « limite » vu le rendement des DM4.
Concernant la Grande Sophie, elle est définitivement fâchée avec les B&W. Jack Johnson rigole dans son coin et enchaine avec plaisir un autre morceau.

Revox A78 MKII
Pour terminer, le Revox. Surprenant amplificateur quand il est associé aux B&W. Bien plus à l’aise que le 1060 c’est un fait. Il semble d’ailleurs se moquer complètement du rendement des enceintes. Il faudra que je le branche sur les Spendor BC1, ça va le calmer, non mais !
Toujours est il qu’avec Oscar Peterson, c’est aussi agréable à écouter qu’avec le 1120, toujours moins détaillé sur la contre basse, il est plus doux et parait plus « précis » lors des passages calmes.
Je laisse tomber La Grande Sophie, l’album de Jack Johnson passe divinement bien. La douceur de restitution convient parfaitement à sa voix, et les qualités des DM4 sur ce registre sont bien mises en valeur.

Revox A78 MKII
Le A78 est assurément un excellent petit intégré. Toutefois, l’exemplaire que vous déciderez d’acquérir devra subir une révision (si ce n’est déjà fait) du fait de la présence de condensateurs Frako, dangereux pour la pérennité de l’appareil.
Il faut également noter que la finition extérieure, ce qui inclue façade et commandes, est en deçà de ce que l’on peut trouver sur des appareils japonais de la même époque.

Allez voir l’excellente restauration faite par Stéphane, sur le même appareil.

Venez discuter de cet article sur le forum, c’est ici que ça ce passe.

7 réflexions au sujet de « Revox A78 MKII »

  1. Sylvain

    Bonjour
    Je possėde un revox A78 MK2.
    Lorsque je tourne le volume ça grésille fort.
    Je me pose la question si au vu de l’ancienneté de l’appareil il ne vaut mieux pas que je le remplace par un modèle plus moderne plutôt que de trouver un réparateur sérieux pour une bonne révision et donc une facture sans doute salée.
    Merci de vos réponses.

  2. Audiovintage Auteur de l’article

    Bonjour, votre souci semble être simplement une commande encrassée.
    Ce n’est parfois pas facile d’accès, mais un bon nettoyage avec un aérosol approprié, ou mieux (pour la durée de vie du potentiomètre de volume) une seringue remplie d’huile de vaseline…
    Bref, à ce sujet, il n’a besoin sans doute que d’un simple entretien.
    Par contre, cela reste un appareil ancien, malheureusement équipé de condensateurs de marque “FRAKO” ayant quelques soucis de stabilité dans le temps.
    Il serait souhaitable en effet de le confier à un spécialiste au minimum pour un état des lieux…
    Acheter un modèle plus moderne, pourquoi pas, fonctionnera t’il mieux que votre Revox une fois révisé ? Je n’en suis pas si sur, surtout si c’est pour acheter une “merdouille” (désolé pour l’expression, je n’en avait pas d’autre en tête)…

  3. Cyril Pecoraro

    Bonjour,

    au sujet des condensateurs, quand vous dites qu’il sont à la ramasse, que vous les testez etc… En fait, vous verifiez simplement si la valeur affichée de la capacité correspond à la mesure ? Il ya besoin de les dessouder pour ça ? ou simplement l’appareil aux bornes, condensateur sur CI suffit ?

  4. Ping : Revox A78 | Audio Vintage

  5. Bruber

    J’ai réalisé l’an dernier le changement de tous les chimiques + le réglage du courant de repos sur mon REVOX A78MK2 et je dois dire que peu arrivent à sa hauteur, plus de 40 ans après …

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