9-Les disparus du Rock "Kurt COBAIN "

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hencot
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9-Les disparus du Rock "Kurt COBAIN "

Message par hencot »

KURT COBAIN
Seul dans la « poursuite » ou Celui qui ne voulait plus jouer

« J’aimerais mieux mourir qu’être changé en Pete Townsend », confiait sur le tard à son journal intime Kurt Cobain, à l’âge où son illustre prédécesseur avait déjà tout dit et néanmoins décidé de continuer, après avoir proclamé dans son premier tube, My Generation : « I hope I die before I get old » (« J’espère mourir avant de devenir vieux »).
Le chanteur de Nirvana, lui, ne voyait pas les choses ainsi, et savait de longue date qu’il « valait mieux brûler franchement que s’éteindre à petit feu », comme il le dit dans sa lettre-testament à ses fans et ses proches, à travers ce héros imaginaire nommé « Boddah » qu’il s’était inventé tout petit. A l’heure de la dernière heure, Kurt disait adieu à son enfance, pour ne l’avoir jamais quittée. Il s’écrivait, s’y décrivait sans complaisance comme un « rocker misérable, autodestructeur et suicidaire », « quelqu’un de trop erratique, instable » qui « n’avait plus ressenti d’excitation à écouter de la musique, et même à en créer depuis maintenant trop d’années » et ne voulait plus tromper son public : « Cela n’est honnête ni pour vous ni pour moi. Le pire crime auquel je puisse penser serait de duper les gens en prétendant que je m’amuse encore à 100 %... Parfois, j’ai l’impression que c’était comme si je pointais avant de monter sur scène. J’ai essayé tout ce qui était en mon pouvoir pour y prendre plaisir (et j’y prends effectivement plaisir, mon Dieu croyez-moi, j’y prends plaisir, mais pas suffisamment) ».
Rarement artiste s’était adressé ainsi à ses fidèles, à 27 ans à peine, et avait a fortiori joint l’acte à la parole, en mettant réellement fin à ses jours. Ce geste qui ne dépasse en général pas le stade du verbe et fait fantasmer les apprentis poètes, Cobain l’avait fait, écrit de son sang sur sa dernière page, et le monde avait frissonné, en se souvenant qu’Hendrix, Morrison, Joplin, qu’il appelait justement « les 3 J », étaient morts précisément à cet âge-là, un quart de siècle auparavant, comme à un mauvais virage spatiotemporel. Le cycle infernal allait-il recommencer ? « I don’t have the passion anymore, and so remember : it’s better to burn out than to fade away », concluait donc la star, consumée par la drogue et la dépression, sans qu’on ne sache plus laquelle des deux avait entraîné l’autre, où la plus aveuglante lucidité avait cédé le pas au délire. Et d’une certaine façon, son dernier mois de vie, d’errance à travers l’Europe, n’avait rien à envier à celui de Jim Morrison à Paris : une sorte de chute libre, volontaire et vertigineuse sous le poids d’une gloire rock qui tenait chez lui du rocher de Sisyphe. Il ne supportait pas le succès, et n’en ayant jamais tant eu, le vivait d’autant plus mal. Le cycle infernal : d’une certaine manière, il se tuait lui-même, à petit feu et à coups de sunlights, et finit par se supprimer pour mettre fin à cette dérive suicidaire, dans une logique imparable. Pire : il s’y prit même à plusieurs fois, frappa obstinément à la dernière porte jusqu’à ce qu’on lui ouvre. Il voulait vraiment en sortir, à sa façon. « Briser le mythe du rock’n’roll et montrer que les rock stars n’étaient que des êtres humains », dût-il faire couler son sang pour cela. Mourir pour prouver qu’il n’était qu’un homme, un simple mortel. Pour vivre normalement, en sorte.
Le 4 mars 1994, trois jours à peine après son ultime et triomphal concert à Munich, au Terminal Einz, il faisait une première overdose à Rome et était hospitalisé durant quatre jours : il en avait réchappé de peu, avait senti sur sa nuque le souffle de la mort. Et malgré les mises en garde des médecins qui le voyaient couler à pic, dans un état d’abandon, de délabrement général et l’incitaient à se désintoxiquer, il s’était quasiment enfui de l’hôpital le 8 et avait repris, poursuivi de plus belle sa désescalade, jusqu’à échouer à la fin du mois en désintoxication d’urgence à l’Exodus Recovery Center de Marina Del Rey, en Californie. Une cure qui l’écœurait, et dont il s’évada à nouveau quelques jours plus tard, le 1er avril : il n’en pouvait, n’en voulait plus, et roulait désormais de port en port comme une bille de flipper devenue folle, ou frénétiquement perdante, allez savoir avec lui : il avait toujours innové, devancé tous les appels, suscité les modes. Avait inventé – ou en tout cas sublimé – le grunge quand on en était encore au punk, mélangé pop, hard et heavy metal, dessiné lui-même ses pochettes d’album, autant maîtrisé son art que conçu sa propre fin, en parallèle. Brûlé toutes ses étapes et ses cartouches, jusqu’à la dernière, qui lui fut fatale. Précipité les choses au point de disparaître avec elles.
Sa carrière avait duré trois temps, trois mouvements : un premier album, Bleach, en 1989, un second, Nevermind, en 1991, qui les consacra, un troisième, In Utero, deux ans plus tard, qui paracheva leur cycle. Des chansons qui continuent sa route depuis quinze ans, et s’intitulent Smells Like Teen Spirit, Sliver, Aneurysm, Come As You Are, Rape Me... Et puis cette gloire intenable, invivable, insatiable qui l’attendait à chaque coin de rue, chaque regard, chaque devanture, et lui renvoyait une image de lui qui n’était déjà plus la sienne : presque un homme heureux, avec sourire de Long Playing et moue de magazine, Rolling Stone, etc. Le contresens absolu, le plus mauvais plan de carrière pour qui n’aspirait qu’à « être plus tard assis sur une chaise et jouer de la guitare acoustique comme Johnny Cash et Leadbelly », devenir un songwriter.
A la vérité, le vieux gamin d’Aberdeen, près de Seattle, dans l’Etat de Washington, qui ira jusqu’à dormir sous un pont de sa ville en période de crise et à en faire plus tard une chanson, ne s’est jamais bien entendu avec lui-même, depuis ce jour de ses 9 ans, en 1976, où ses parents ont divorcé, et l’ont surtout coupé, amputé à vie de son enfance, où il s’est retrouvé écartelé entre la maison de sa mère et la caravane de son père. Une serveuse et un mécanicien comme il en est tant d’autres, dans chaque rue en ces années Johnson, Nixon, etc., qui ne demandaient rien à personne et s’étaient aimés par défaut, par hasard et par intermittence : il était né entre deux portes, deux lits, deux lignes de vie. Cette fois-là, le ciel lui était tombé sur la tête, ouvert en deux comme un œuf, et il s’était réveillé pétrifié au pied de l’immeuble, tel un personnage sorti de son contexte. Orphelin du bonheur. Plus question de rentrer ni de réintégrer la table familiale, à manger la télé des yeux pour ne pas voir le reste, entendre les cris et les bris en faisant front avec sa sœur, Kimberly. A fuir dans le poste comme d’autres sautent par la fenêtre. A s’enfermer dans sa chambre avec ses copains Beatles et Led Zep, Kiss, etc. A rêver d’un bonheur cathodique. On avait déchiré sa photo de chevet, condamné son passé, enfermé ses souvenirs dans des caisses de déménageurs, qui n’en finirent plus de tourner autour du coin, du comté. Remplacé ses jouets et sucreries par de la morphine et des sédatifs, qui ne firent jamais qu’exacerber son chagrin du matin et assommer celui du soir, le transformèrent en plus jeune junkie du monde.
L'éternel gosse inquiet des cours de récré, qui aurait fini ici dans Le Petit Chose, en attendant son Grand Meaulnes, et se prenait là-bas pour L'Attrape-Cœur : « Je me rappelle seulement n’avoir subitement plus été la même personne, et l’impression de ne plus valoir le coup. Je sentais que je ne méritais plus de traîner avec les autres gosses, parce qu’ils avaient encore des parents et que je n’en avais plus... Pendant le lycée, j’ai été une tête de Turc, mais pas dans le sens où tout le monde venait me chercher des noises. J’étais tellement peu sociable que j’avais l’air presque dément. Je me sentais si différent et fou qu’on me laissait tranquille dans mon coin. Ça ne m’aurait pas surpris si on m’avait élu la personne capable d’assassiner le plus facilement tout le monde à un bal de fin d’année... A 9 ans, je pensais que je ne dépasserais jamais l’âge de 21 ans, car je me sentais complètement taré, je me rendais fou tout seul ». Des mots vécus qui font parfois de vous un auteur, quand ils sont trop lourds à porter et veulent à tout prix sortir.
Le problème avec ces médicaments, c’est qu’ils vous soulageaient aussi sûrement d’un mal qu’ils vous en insufflaient un autre, en l’occurrence au ventre alors qu’il souffrait de la tête. Et que pour soigner ce dernier, ce sort qu’il ne digérait pas, il dut ensuite avoir recours à l’héroïne, dont seule la mort pouvait le guérir, une fois qu’il s’y accrocha ferme, comme à un bastingage. Il faut dire que si le climat ambiant prêtait à l’évasion, au milieu des lacs et des séquoias géants de la frontière canadienne, une sorte de carte postale quotidienne à sa porte, il n’incitait gère à la poésie, avec tous les bûcherons et pêcheurs qui y sévissaient et le toisaient de haut : « un ramassis de ploucs, de flingues et d’alcool, à l’écart de toute culture », ne pensant qu’à « couper du bois, baiser, boire, parler de baise et boire encore » (sic) ; et qu’il grandit dans sa chambre en écoutant les Clash et les Sex Pistols, Black Sabbath et Aerosmith, tout ce hard rock qui lui rappelait son routier de père, jusqu’à l’inévitable première guitare électrique obtenue ici à l’âge de 14 ans. Une Lindell d’occasion comme il en rêvait, à ailerons cuivrés et manche acajou, sur laquelle il esquissa ces mélodies tellement attendues, entendues qu’on croirait presque les avoir inventées, s’envola d’Aberdeen tels ces enfants qui décident une fois pour toutes de choisir le rêve et plongent dans leur radio comme dans la bouteille du génie. Dans une famille et un appartement comme ceux-là, le poste était de toute façon la seule issue possible, le début et la fin de tout : on y captait le monde libre. Ce serait donc la musique, et sa grande sœur poésie, qu’il n’aurait jamais pensé à réunir sous le nom de chansons, encore moins de tubes. Le mot même lui eût échappé, avec sa passion des « groupes psychotiques et sauvages, des trucs affreux et extrêmes », et il n’osait y songer sans croiser l’œil vague de Morrison, dans le noir de ses nuits.
Et un an plus tard, il rencontra tout naturellement, par le biais du chanteur Buzz Osborne, son complément : le bassiste Krist Novoselic (initialement Chris), un Californien d’origine croate, qui participerait ensuite à ses différents groupes, et l’accompagna, à tous les sens du mot, jusqu’au bout. Un frère, aussi décalé et placide qu’il pouvait être lui-même déjanté et qui avait tout pour lui plaire puisqu’il était également un enfant « des bois » et du divorce. Le temps des ruptures : il quitta en même temps le lycée, à l’aube du baccalauréat local qu’on s’évertuait à lui faire passer, et du même coup sa mère, qui ne s’en remettait pas, et, pour bien marquer son rejet, baptisa leur nouveau groupe d’un... « Fecal Matter » qui se passait de traduction! Son père, retrouvé à 12 ans, n’avait-il pas tenté de le faire renoncer à la musique pour s’engager dans les marines! Un batteur, Dave Grohl, les rejoignit. Le groupe, c’était Kurt, surtout à partir du moment où il lui donna son image, sa voix et son nom définitif, typiquement seventies, Nirvana. Et il fallut quatre ans, deux labels et deux albums, pour que le succès leur saute littéralement au visage et le laisse finalement sur le carreau, en ce début des années 90. On peut mourir d’avoir vu le soleil en face, surtout si l’on appartient à la nuit.
Son triomphe s’appelait donc Nevermind, en référence aux Sex Pistols (Never Mind the Bollocks, douze ans plus tôt), et se vendit tout de suite à trois millions de copies avec son simple Smells Like Teen Spirit, atteignant ensuite plus de 14 millions d’exemplaires à travers le monde, et dépassant même en chiffres le nouvel opus d’un certain Michael Jackson. Personne n’y aurait résisté, et surtout pas l’enfant aux valises de disques, l’adolescent aux posters, qui se réfugiait en plein décor rustique dans le son âpre des premiers groupes « garage », avait grandi avec ses compatriotes Pearl Jam, eux aussi enfants de Seattle et du grunge, Alice in Chains, Sonic Youth, Soundgarden et tant d’autres. D’un coup, il passe de ses clubs enfumés de minuit à des stades entiers, de l’ombre protectrice à la plus vive lumière, et se rend compte que le Johnny Rotten et le Jim Morrison de ses affiches, de ses trips en chambre, l’homme de la photo au-dessus du lit, c’est désormais lui, et que tout le monde le veut, en veut à son temps, son image, son art, qu’on se l’arrache comme on le mettrait en pièces, tel un Elvis nordiste ou un Springsteen underground. Une idole, une bête de charts. C'est-à-dire tout ce qu’il n’a jamais pensé, souhaité être. Un chanteur de papier glacé, de paille et de paillettes qu’on épingle à la une et dédicace au verso, avec des poses d’albatros, des reflets d’archange déçu et un petit air de tendresse qui tourne vite à la détresse.
Car notre homme est blond, beau et émouvant, une sorte de Brad Pitt sauvage mâtiné de Colin Farrell avant la lettre, un acteur de chanson qui se serait projeté dans une page blanche plutôt que sur un écran, aurait préféré jouer sa vie qu’incarner celle des autres. Un de ces artistes interprètes qui sombrent peu à peu dans leur personnage, aspirés par leurs propres abîmes, et n’en ont pas de rechange. De ce point de vue là, l’évolution de son look au fil des objectifs, de ses multiples figures en si peu de temps, littéralement plan par plan tant il sera épié, photographié, dévoré des yeux, est un formidable révélateur. Kurt Cobain passera en moins de cinq ans par tous les âges, visages d’une vie d’homme et d’artiste, tour à tour chevelu, rasé, brun, blond, roux, barbu, avec lunettes noires ou revolver, acoustique, électrique, comme s’il s’était cherché ou fui désespérément, avait joué à cache-cache avec lui-même et tout fait pour s’évader, à l’instar d’un Morrison, d’un Bowie fragile. Et l’on verra monter comme une fièvre dans ses yeux la flamme du succès, en même temps que celle d’un feu connu de ceux-là seuls qui s’y adonnent : l’héroïne, qu’il consommait désormais assidûment pour faire face à tous ces rôles, toutes ces vies que le « métier », comme on dirait d’un tyran, lui imposait et qui rongeaient sa vraie vie, celle des coulisses et des fins de soirée. Sourire, poser, provoquer, charmer, dérailler même sur commande : son cahier des charges. Contrefaire, jouer à l’ « autre », au faux, au messie de pacotille qu’on effleure telle une étoile, invoque comme un ange, traverse comme une apparition, saint Kurt, votre grâce de Kobain : « Rien de plus embarrassant que ces gens qui se jettent sur vous en tremblotant et vous parlent comme à un putain de Dieu. Ils me font pitié, et beaucoup d’entre eux se conduisent de façon vraiment tordue. Tout le monde me dit que c’est inévitable, mais quel choc ça a été pour moi au début ! »
C'est son drame, plus encore que chez ses confrères, qui s’en arrangent, s’en moquent, s’en servent : lui prend les gens au sérieux, il est des leurs, et a besoin de leur dire, de s’expliquer, de les mettre en garde, sans que les mots viennent, puisqu’un dieu ne tutoie pas, ne s’abaisse pas, ne se mélange pas. « Certes nous faisons avant tout de la musique, mais nous n’interdisons pas à nos auditeurs de penser ». Ou encore, toujours dans son journal-testament : « Je suis un porte-parole pour moi-même. Il se trouve simplement qu’il y a un certain nombre de personnes qui sont concernées par ce que je dis. Je trouve cela parfois terrifiant, parce que je suis autant désorienté que la plupart des gens. Je n’ai de réponse à rien. Je ne veux pas être un putain de porte-parole ». Alors il s’enferre, s’enferme, retourne au placard quasi utérin de son enfance, sous l’escalier de sa mémoire, là où il se cachait pour compter les coups, les cris, les entailles au banc du soir et se faisait des chansons dans le noir, comme ça, sans rien, juste avec du silence et des ombres. Plus tard, à 13 ans, Madame Lindell avait tout déclenché avec ses six cordes, libéré avec son ampli, l’avait transformé d’un coup en petit Jimmy Page ou Hendrix de banlieue, la vie avait de ces pièges : « Dès l’instant où j’ai eu ma guitare, j’en suis devenu complètement obsédé. Je ne voulais plus rien faire d’autre ». Il n’eut effectivement que ça, tout ça en tête, jusqu’à en exploser. Puis imploser.
Restaient les symptômes, les signes que la vie lui faisait à tout propos et qui ressemblaient de plus en plus à des signaux d’alarme : ces brûlures d’estomac que la drogue avait nourries, exacerbées, et qui lui mordaient à chaque fois les tripes, comme une pieuvre intestine, ces instants de panique qu’il appelait ses « blancs » et où il avait l’impression d’être un funambule traversant les chutes du Colorado. Ces crises de l’âme, pertes de pied, pas dans le vide, lorsque d’un seul coup, une meute d’objectifs, de zooms et de viseurs se mettaient à l’aveugler en hurlant son nom de partout – « Kurt, Kurt, Kurt, par ici, non, par là ! Kurt, regarde-moi, tourne-toi, encore une, attends ! » – telle une mante, une bête aux mille yeux, voix, doigts, toujours ce même monstre à la Disney qui voulait l’avaler, et pas de Capitaine Nemo, de Kirk Douglas à l’horizon pour le sauver, le délivrer, lui souffler entre deux portes : « Venez par ici, suivez-moi, vite, je connais un passage secret, on va s’en sortir, ils ne nous retrouveront pas ». Personne, ni à appeler, ni à rattraper, aucun regard où se réfugier, pas un sourire auquel se raccrocher, s’abandonner : il fallait avancer, a-van-cer. Assurer, fournir, avec le sourire, s’il vous plaît, comme s’il avait été Van Halen ou Guns N’Roses, un performer de plus au pays du box-office. Marcher vers son néant, puisqu’il ne s’agissait de rien d’autre que de brûler, briller jusqu’à disparaître. Livrer aux voleurs d’images, aux suceurs de moelle et autres faiseurs de une ce qu’ils attendaient de vous, c’est-à-dire : vous. Encore et toujours.
Et si d’aventure vous vous arrêtiez en marche, au milieu de la meute, vous sentiez d’un coup toutes leurs mains s’apposer, s’emparer de vous comme on capture certains animaux apeurés dans ces films de National Geographic après minuit, et vous triturer, vous malaxer, prêtes à vous déchiqueter et vous emporter en lambeaux, pardon, en souvenirs.
Il se souvenait ainsi avoir vu un soir avec effroi une pauvre biche ou gazelle qui, acculée dans sa savane par une meute de chasseurs, ou bien de lions affamés – cela revenait au même – et l’inévitable caméra de service, s’était plantée en désespoir de cause sur ses quatre pattes tremblantes et... urinait de peur sous elle, comme un bébé, se pissait dessus à l’idée et à la vue de sa mort, qui lui tournait autour en s’approchant avec des yeux fluorescents ! Cette image, cette scène qui lui avait fait honte une seconde, il ne l’avait jamais oubliée, et il se disait aujourd’hui que la gazelle, c’était lui, Kurt Donald Cobain, 27 ans, et que le plus grand cannibale de ce jour-là n’était pas le fusil ou le fauve, mais l’objectif, qui dévorait, digérait, enregistrait paisiblement tout cela sans sourciller, se délectait de la mort en direct, sonnait l’hallali et réclamait en plus les honneurs de la guerre. Voulait du sang neuf à la une, pour pouvoir faire pleurer de bon cœur les gens sans destin, toutes ces filles en mal de peine qui se faisaient chialer, rêver ou vomir avec sa propre vie, les zombies du poste et les sentinelles de sa porte, cette armée d’éclaireurs silencieux marmonnant en secret son court prénom comme un sésame. Kurt...
C'était un garçon sensible, Kurt, comme plein d’autres, qui aimait les chats, les voitures – il avait une superbe Volvo grise –, les gags et les gamins, mais ne pouvait s’empêcher de contempler ces derniers sans avoir une larme à l’œil, et un sourire aussi sec pour la rectifier, comme lorsqu’il écrivait : « La plupart de mes paroles sont contradictoires. J’écris quelques lignes sincères mais je me sens vite obligé de m’en moquer juste après ». Et le problème des gens pas dupes, c’est qu’ils n’ont pas d’échappatoire, de carte dans la manche ou de lapin dans le chapeau. Ils jouent cash, vivent en direct. Au moins aurait-il tout essayé pour se détruire, avant que de le faire physiquement, démolir ses guitares en scène, puis saborder ses morceaux, déclarer « n’importe quoi » à la une, enfin déguiser son groupe en filles (et lui-même en blonde !), rien n’y fit, ou plutôt, si : ça marchait, on lui pardonnait tout, et on en redemandait même, un comble ! « On nous traitait comme des rois. A un point, c’était devenu si dérangeant qu’il ne nous restait qu’une solution : tout casser. » Car ceux qui auraient dû le comprendre hurlaient avec les autres. Eux aussi, ils souhaitaient qu’il allât jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à sa fin, et fît correspondre son œuvre et sa vie. Mais tout le monde n’a pas un tireur fou qui vous attend un soir au pied de l’immeuble pour vous faire entrer dans la légende ! Il fallait parfois faire le sale boulot soi-même, et c’était une autre paire de manches, bon sang... Une toute autre histoire.
Qu’il fût en promo ou en scène, on stage ou off the record, on the air ou vraiment down, il n’était donc plus jamais chez lui, plus jamais lui, et se réfugiait souvent dans des moues de sale gosse, de vieux gamin qui en disaient long sur ce qu’il éprouvait vraiment, celui qu’il était à l’intérieur : quasiment plus infantile, plus vulnérable et candide que ce bébé qu’il venait d’avoir en 1992 avec la musicienne-chanteuse Courtney Love, du groupe Hole, rencontrée trois ans auparavant dans ses coulisses et épousée cette même année à Hawaï. L'enfant s’appelait Frances Bean, comme cette Frances Farmer qui l’avait tant marqué et « Bean » parce qu’elle... avait l’air d’un haricot sur l’échographie (!), et elle lui ressemblait déjà comme deux gouttes d’eau, regarderait plus tard avec ses yeux, le même sourire et les mêmes cheveux blonds un monde sans lui (« For her life, which will be so much happier without me », conclura quelques mois après son ultime message). Et il lui avait consacré dans la foulée un album intitulé In Utero : son dernier, son cri primal. Après la pochette quasi fœtale du précédent, où un nourrisson nageait vers un dollar flottant dans l’eau turquoise d’une piscine de rêve, il revenait ici à la source, à sa case départ, remontait en enfance pour n’en plus jamais redescendre. Coupait le cordon de tous ses micros, toutes ses guitares, tous ces fils qui l’enchaînaient à la vie et au show-business. Plongeait la tête la première dans le plus vertigineux flash-back de son histoire. Et en dévisageant son propre portrait d’enfant, souriant encore à l’avenir dans son lointain salon d’Aberdeen, on ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait toujours trop fait confiance au destin, était bien ce qu’il chantait et ne serait jamais un vieil artiste, car il ne savait pas mentir. On pouvait y lire aussi qu’il aurait la force des faibles, les rêveurs avec lui et une vie mesurée au compteur, parce qu’il faisait partie de ce club. Du cercle des inconsolables.
Et ce n’était pas sa Courtney « Love », en réalité Courtney Michelle Harrison, ancienne de Faith No More et de Sugar Baby Doll, qui le retiendrait avec ses humeurs et ses formes, ses états d’âme et de corps, si tant est que quiconque pût y parvenir. De notoriété publique, sa relation avec l’exubérante interprète, par ailleurs ex-stripteaseuse, pour laquelle il se mit également à composer, était l’une des plus tumultueuses du moment, une sorte de version punk des Taylor-Burton, où la dope aurait remplacé l’alcool, et l’addiction des deux partenaires aux drogues dures n’arrangeait pas les affaires du chanteur, manifestement plus instable, et surtout plus exposé que sa compagne. En deux ans et deux albums, il est en effet devenu la star numéro un de la scène rock, et son prochain disque doit s’intituler rien moins que... I Hate Myself And I Want To Die (Je me hais et je veux mourir)! Tout un programme, pour qui peut désormais se piquer jusqu’à une fois par jour, dérive et dépérit à vue d’œil, à la fois fébrile et absent. Quiconque le côtoie en cette année 1992 sait que son triomphe n’aura qu’un temps, trop fort pour durer, et qu’il aura du mal à redescendre de là-haut, si tant est qu’il n’en saute pas.
Il a désormais ça dans les yeux, une fêlure ou une faille venue de loin, d’ailleurs, et donnant sur cette nuit que tous les musiciens reconnaîtraient entre mille, dès qu’ils l’ont aperçue une fois. Et notre homme de répéter sans cesse qu’il n’a plus rien à dire, tel un vieux rocker, un voyageur rompu, et qu’il espère « ne jamais être heureux au point d’être ennuyeux, être toujours assez névrosé pour faire quelque chose de bizarre ». Effet d’annonce? Comme toujours, la phrase qui suit est lapidaire, quasi testamentaire, et ne laisse aucun espoir de survie, en ce post-partum « utérin » : « Nous sommes presque à bout. Il ne nous reste rien à atteindre en tant que groupe ». Cut.
Sur ses portraits d’alors, il pose à la une avec un revolver, qu’il braque méticuleusement sur l’objectif, œil mi-clos et doigt sur la détente, regard entendu et sourire las, mais c’est lui qu’il vise, pas nous : il est prêt. Il le sait : il s’est mis en scène, répète ça depuis cinq, quinze ans, toute une vie qui n’a pas d’autre fin que cette seconde-là, d’autre horizon que son adolescence. Mais quand, où et comment? Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on sent l’heure arrivée, lorsqu’on guette cet instant depuis tout petit, depuis un certain soir de ses 7 ans? Et quel disque ou musique pour chanter l’indicible, exprimer le néant? Tant bien que mal, il va résister. Tenir. Certains jours font leur poids de stress, de blues, comptent double et n’en finissent jamais, renferment des vies entières. Jusqu’à ces overdoses successives, qu’on qualifiera pudiquement d’« accidents » et qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des tentatives de suicide. En juillet 1993 il craque une première fois en plein concert au New Music Seminar de New York, quitte la scène comme on rentrerait au bercail, se réfugierait dans l’ombre : toutes ces lumières, tous ces briquets, tous ces regards le brûlent, le vampirisent, le vident. Il le sait maintenant : le public, qui l’a fait, n’aura de cesse de le défaire. C'est le jeu, l’arène des dieux.
Le 4 mars suivant, trois jours après le fameux concert de Munich, il fait une nouvelle overdose, de Rohypnol cette fois, dans sa chambre d’hôtel romain : chute libre, deuxième saut dans le vide, où il se réveille aux urgences, sous masque et perfusion, tous signaux d’alarme allumés. Cote d’alerte atteinte. L'homme est un récidiviste, désormais aussi accro à l’idée d’en finir qu’aux moyens d’y parvenir. C'est un choix qui le dépasse, presque une mission : il doit sortir de là, d’ici et surtout de « ça », ce truc qui a eu Morrison, Hendrix, et les autres. L'assassin de Cochran, Buddy and co est là, qui l’attend : il le sent, le pressent, le flaire dans le noir, autour de lui et où qu’il aille, et plutôt périr que de lui céder. On raconte que les bêtes sauvages prises au piège rongent parfois jusqu’à l’os leur patte prisonnière pour pouvoir s’échapper, en boitant et en sang. Lui, il n’a même pas cette chance, à moins de changer de tête, de se faire refaire les traits, défigurer cette si belle gueule qui les attire comme des mouches et fait fondre leurs objectifs : on le retrouverait jusqu’au fin fond du Paraguay, du Pakistan, n’importe où, il n’a plus un seul endroit sur terre où se terrer. Elvis a dû connaître cela, et il s’est enterré vivant à Graceland, en grossissant comme un ballon d’hélium pour tenter de passer inaperçu, ou de s’évader par les airs, allez savoir : il y a finalement réussi, mort depuis longtemps pour la galerie lorsqu’il décéda officiellement, comme disait Lennon qui s’y connaissait. On évacua le corps pour sauvegarder le mythe. La même pieuvre, pêcheuse d’étoiles, a jeté son dévolu sur lui, et le retrouvera toujours. C'est la traque. Si seulement on pouvait le laisser mourir tranquille, s’éteindre après un de ces concerts où il joue à Nirvana, à l’heure où l’on débranche son rêve. Quand toutes les poursuites du show-business le lâchent enfin, avec leur monstrueux œil de cyclope qui le guette chaque soir du paradis, ne le quitte plus d’une pause, d’un soupir...
Mais il doit continuer, par contrat, puisqu’une énorme tournée d’été l’attend, un truc à dix millions de dollars et presque autant de spectateurs, téléspectateurs et tutti quanti ! Il faut tenir : c’est écrit dans les yeux de Frances, qui, pour le coup, le dévisage comme un Dieu, le sien, et à chaque fois qu’il y plonge, il en ressort bouleversé. Comment échapper à ça? Plus rien, pas de placard ni de cabane où s’enfouir en attendant la fin de l’orage, pas un endroit du monde où il redeviendrait justement Monsieur tout-le-monde. On n’imagine pas le poids, quasi physique, du succès, des tonnes et des tonnes de solitude, un monde sur les épaules. Il détourne son regard d’elle. Plus la force : il faut tant de courage pour porter un enfant, après sa naissance aussi, et il se sent si vieux. L'autre fois, il a écrit au feutre sur son petit ventre : « Grunge is dead », le temps d’un cliché, et ils ont posé ensemble, pour la postérité du moment, sur ce message aux airs de testament. Comment mieux dire qu’on n’en peut plus, qu’on s’est trompé d’image, d’histoire, qu’on est soi-même fini? Quel avenir pour qui a connu le nirvana sur terre? Que chanter après Nevermind? Il n’en finit pas de le clamer, fût-ce avec ses traits hagards, désemparés. Tenir. Hospitalisé quatre jours, il accepte enfin de suivre une cure de désintoxication, en Californie. Le grand jeu. On l’isole, le sèvre, le purge, le rénove de fond en comble. On raconte parfois que Jagger se faisait faire ça, à une époque, renouveler les cellules genre science-fiction : on dit tellement de choses... Mais l’épreuve est trop dure, et il craque à nouveau, s’enfuit comme naguère Frances Farmer, dans sa villa de Lake Washington Boulevard, à Seattle. Là, au numéro 141, il se réfugie avec son éternelle Courtney, son insatiable Love, que ses admirateurs détestent autant qu’il l’adule, son égérie et mauvais génie puisqu’elle est aussi junkie que lui, et ils jouent à frôler la mort, creuser leurs lignes de vie. Il y a sur place des fusils, des munitions, et l’on découvrira que, à la demande de la jeune femme, la police y a même effectué un jour une descente et saisi des armes, alors que Kurt s’était enfermé dans une pièce avec un revolver, et menaçait déjà de mettre fin à ses jours. Vrai, faux? Que se passe-t-il ensuite dans la maison du lac?
A défaut de détails, de scénario final, on ne connaîtra que la chute, le dernier plan de l’histoire, qu’on aurait presque pu écrire dès le départ, à la façon des anciens flash-backs de polar, générique début - voix off - fondu enchaîné : « Ce vendredi 8 avril 1994, à 8 h 40 du matin, un électricien nommé Gary Smith, qui venait installer une sonnerie d’alarme dans la villa de la star, regarda par la fenêtre de la serre au-dessus du garage, surpris de ne trouver personne malgré la présence de la Volvo, et aperçut soudain sur le sol un corps allongé, qui semblait en piteux état. Très vite, il comprit qu’il s’agissait d’un cadavre, à la vue d’une tache de sang au niveau de l’œil droit, et de l’arme à feu qui gisait près de la victime. Quelque chose de grave venait d’arriver. Et il réalisa enfin que ce cadavre était celui de son client, l’icône pop la plus célèbre du moment, et que ce qui s’était passé ici était vraiment moche, spectaculaire et peut-être historique. L'artiste s’était flingué et gisait dans son sang, dans une odeur et un silence angoissants. Il n’en croyait pas ses yeux. Gary Smith se dit que, s’il était journaliste, il aurait tenu là un fameux scoop, et, après avoir paniqué, respiré très fort et regardé par trois fois pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, il décida de ressortir en courant et d’appeler immédiatement la police de Seattle. Et au téléphone, il s’entendit bégayer sous le choc cette phrase improbable, qui vaudrait bientôt de l’or et ferait le tour du monde : “Kurt Cobain est mort” ».
Son décès, comme le précisèrent ensuite les médecins légistes, remontait en fait à trois jours, d’où l’état de la dépouille. L'artiste, vêtu d’un jean, de baskets et d’un T-shirt de couleur, avait trouvé le moyen le plus sûr d’en finir avec sa gloire et l’objet de celle-ci, qui était autant sa belle gueule que ses bonnes ondes : il s’était quasiment défiguré en se tirant une balle de fusil dans la bouche. L'arme, un Remington M 11 de calibre 20, reposait entre ses pieds, tournée vers son visage, et il en tenait encore le canon en main : imparable. Près du corps, on trouva son mot d’adieu écrit à l’encre rouge et abondamment raturé, qui évoquait ses difficultés, dilemmes professionnels, le divorce de ses parents et la distance insurmontable qu’il percevait désormais entre ses motivations artistiques et son image publique, ses rêves et sa réalité. Il avait craqué pour la dernière fois. Enfin, il y disait adieu à sa femme et sa fille. Les premiers résultats de l’enquête révélèrent qu’avant d’effectuer le geste fatal, il avait également absorbé une dose massive d’héroïne, qui l’expliquait peut-être. On pouvait ainsi être la plus grande star du monde, admirée et enviée de tous, et disparaître sans que nul, proche, collaborateur, parents, ne s’avisât ou ne s’inquiétât de votre absence. Il n’avait donc pas eu si tort de s’interroger sur sa condition : personne ne tenait assez à lui pour s’enquérir de son sort au bout de trois jours, fors un électricien de passage qui venait pour le protéger des importuns.
Aussitôt la nouvelle connue, et comme de tradition par ici, la rumeur commença à aller bon train, selon laquelle le suicide serait en réalité un meurtre et son commanditaire, bien entendu, la sulfureuse épouse du malheureux chanteur. La thèse était absurde, mais fit une fois de plus l’affaire des tabloïd, ce qui était le but de l’opération, et augmenta même les ventes de disques qui, par ailleurs, n’en avaient pas besoin et flambaient de plus belle. Deux albums posthumes, dont un superbe Unplugged new-yorkais, allaient d’ailleurs perpétuer la légende, solidement ancrée, du James Dean de la pop, et sa disparition à 27 ans l’inscrivit définitivement au Panthéon des plus grands, entre ses « trois J », laissant planer sur plusieurs générations l’un des sourires les plus désenchantés du paysage rock mondial. La voix d’un être lucide et désespéré qui ne voulait pas jouer le jeu, en tout cas pas à n’importe quel prix, et n’eut d’autre solution pour préserver son humanité, sa part d’intégrité, que de mettre fin à la partie. Les derniers mots de sa dernière lettre, à l’attention de sa toute petite fille, témoignent de la vraie nature de celui qu’on confondit parfois avec sa musique, son image, son univers, quand il était juste un gars qui aimait jouer avec sa guitare et raconter des histoires aux gens :
« J’ai une déesse pour épouse, qui transpire l’ambition et l’empathie, et une fille qui me rappelle ce que j’étais. Elle est pleine de joie et d’amour, elle embrasse tous ceux qu’elle rencontre, parce que le monde est bon et que nul ne doit lui faire du mal. Et ça me terrifie au point que je ne peux plus fonctionner correctement. Je ne supporte pas de penser que Frances deviendra un jour malheureuse, autodestructrice, flirtant avec la mort, comme moi.
J’ai une belle vie, et j’en suis reconnaissant, mais depuis l’âge de sept ans, je déteste le genre humain dans sa globalité. Seulement parce que ça semble tellement facile pour les gens de s’entendre entre eux et d’être compatissants. Seulement parce que j’aime les gens et que je me désole trop de leur sort.
Merci à tous, du plus profond de mon estomac brûlant et nauséeux, pour vos lettres et vos attentions. Je suis un gosse trop fantasque, trop capricieux ! Je n’ai plus la passion, et, souvenez-vous, mieux vaut se consumer que de s’affaiblir et disparaître.
Paix, Amour, Compassion ».
Trois mots lourds de vie, dont il avait manqué durant toute la sienne, si fulgurante et frustrante, et que sa musique nous renvoie étrangement aujourd’hui, lui qui souhaitait qu’on « pense à lui comme à un chanteur/compositeur, plutôt que comme à un rocker grunge ». Qui avait le mal de son époque.
Alain..

Site sur le son et l' enregistrement de Claude Gendre http://claude.gendre.free.fr/

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