Ce que vous écoutez en ce moment

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chaphlip
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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par chaphlip » ven. 28 déc. 2018 17:58

:salut: Texas et :salut: la compagnie !
Ce soir, pour moi un incontournable des 80's :
Bonne fin d'année à tous :hello:

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ldLk0rQ ... dLk0rQORHY[/youtube]
Modifié en dernier par chaphlip le dim. 20 janv. 2019 18:06, modifié 2 fois.
Phil

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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Texas Rangers » ven. 28 déc. 2018 20:10

Bonsoir tout le monde !

J'espère que ces fêtes de Noël se sont bien passées, que la dinde a été digérée et que maintenant les agapes et bringues du Jour de l' An s'annoncent sous les meilleurs hospices ... oh pardon auspices bien sûr!

Bonsoir chaphlip. Comment vas-tu ?
Excellent ces Chameleons ! :yes!: Sonorités et ambiance typées 80’s avec des grattes juteuses à souhait. J’a-dore tout simplement.

Pour ma part, j’écoute un 33 tours de Benoît Blue Boy intitulé « Tortillage », paru en 1986 chez Ideal Records.
Un chef d’œuvre de blues mêlant électrique et acoustique. Mais hélas, trois fois hélas, Youtube n’a retenu que des reprises qui gomment la magie acoustique du disque originel.
Mais je vous les mets quand même, elles ne sont pas dégueu, mais, mais … comment dire, c’est du réchauffé par rapport à la mouture première dont je me régale :spamafote: .

Benoît Blue Boy ?

Auteur-compositeur, il chante et joue le blues à l’harmonica comme Personne (Paul de son prénom) manie la guitare. Ils sont d’ailleurs potes.
Parisien de naissance (1946), étudiant aux Beaux-Arts, Benoît Blue Boy part aux States en 1970 et vivra deux années durant sa passion pour la musique en général et le blues en particulier.

Car toute la musique qu’il aime elle vient de là, elle vient du blues. Il sait que les mots ne sont jamais les mêmes pour exprimer ce qu’est le blues et ces mots, ses mots à lui sont en français. Oui môsieur. Point d’anglais fâcheux entre nous je vous prie. Parigot il est, Parigot il reste.
C’est donc de blues façon Boris Vian, dont Benoît Blue Boy nous gratifie.

Il cause donc à la volée, comme ça lui vient quoi, sans mots savants.
Ce n’est pas non plus toujours raccord avec les prescriptions de l’Académie Française, mais qu’importe. On s’ comprend entre potes !

C’est à Los Angeles qu’il pose ses valises. Là, il croise ce qui se fait de mieux dans le genre.
Jugez plutôt : James Taylor, Albert King, Carol King, Stevie Wonder et le cajun Zachary Richard (qui le rendra amoureux de la Louisiane et de la musique acadienne) figurent au menu de ses rencontres musicales.

Son premier album éponyme paraît en 1979 (label Vogue) et pose les jalons du style « Blue Boy ». Humour, dérision et blues sous toutes ses formes, le tout en français siouplaît.
Son parcours s’effectue ensuite au-dessus des nuages, mais par delà le mur du son. Collaborations diverses et nombreuses (cf. Patrick Verbeke, Jacques Dutronc, etc …), Olympia, radios, télés, albums à foison, distinctions (Meilleur artiste de blues en 1998, meilleur compositeur de blues français en 2001) et concerts dans l’Europe entière.
Et puis il y a cet album incontournable paru chez Frémeaux et que je possède :
« En Amérique » (enregistré à Austin avec le concours de tout le gratin local et couronné « meilleur album de blues français » en 2001). Mais je vous en reparlerai.

Là, pour l’heure, c’est Tortillage que j’écoute.
Tortillage - album 33 tours de Benoît Blue Boy.jpg
Tortillage - album 33 tours de Benoît Blue Boy.jpg (39.19 Kio) Vu 538 fois
4 titres en face A, 3 titres en face B et l’affaire est pliée. Il est dommage que vous ne puissiez savourer les guitares acoustiques plaintives si belles, si émouvantes, si exaltantes (ex : »le p’tit nuage »). Mais bon, ce que Youtube propose n’est déjà pas si mal.

Les musiciens : « Willie and the Lightnings » à savoir :

Willie Eckert (guitares, dobro)
• Fred Dormoy (basse)
• Charlie Malhuit (batterie, percussions)
Zachary Richard (accordéon cajun)
• Manuel Galvin (guitares)
Patrick Verbeke (guitare)
• Guillaume “Honky Tonk” Petite (claviers)
• Margo Dirty-Ducks (chœurs)
• Et bien sûr Benoît Blue Boy (chant, harmonica et compos)


En voici quelques extraits :

Face A :
1 – Combien

2 – Pas danser
3 – La même erreur

4 – Les vagues

Face B
1 – oh ! oh ! Lucie
2 – Le p’tit nuage

3 – Du sucre dans mon café

:salut:

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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Texas Rangers » sam. 29 déc. 2018 20:04

Hello vous toutes et tous ! :hello:

Le voici, le voilà, le petit chef d’œuvre de Benoît Blue Boy, ce CD intitulé « Benoît Blue Boy en Amérique » que j’écoute actuellement.
Mon CD Benoît Blue Boy en Amérique.jpg
Mon CD Benoît Blue Boy en Amérique.jpg (44.83 Kio) Vu 521 fois
Enregistré au studio Glenn Glaz Recordin’ à Austin (Texas) en Juillet 2000 mais finalisé à Mérignac en France au mois d’octobre de la même année, ce disque figure dans le catalogue des éditions Frémeaux § Associés (avec d’autres productions de l’artiste), ce qui revient à dire qu’il est reconnu comme un disque de référence.

Un livret explicatif est inclus dans le boîtier. Grâce à lui, on sait tout tout tout et le reste sur la passion de Benoît Blue Boy pour le blues et les conditions de réalisation de son album.
Musicalement, culturellement, ce dernier est l’aboutissement d’un travail d’ethnologue, de chercheur infatigable. Benoît Blue Boy a voulu plonger dans les racines profondes du blues.
Il ne fait pas semblant, n’enjolive pas, ne polit pas, laisse le joyau brut dans sa gangue.

L’on apprend ainsi que toute la musique que Benoît Blue Boy écoutait provenait du Golfe du Mexique, de l’embouchure du Mississippi, de la New Orleans jusqu’à Corpus Christi.
Les musiciens originaires de Louisiane et du Texas adaptaient le genre selon l’idiome et/ou la langue de leur public (français, mexicains pachucos, cajuns gumbos).

Par conséquent et pour résumer, Benoît Blue Boy a voulu retrouver l’ambiance du début des années 60 telle qu’elle se vivait au plan musical du côté du Golfe du Mexique, lorsque les louisianais, les cajuns, les américains et les mexicains allaient danser au rythme des orchestres régionaux débarqués de New Orleans, de Houston, de San Antonio, etc …

Il a voulu rencontrer les derniers rebelles de la côte du Golfe du Mexique et jouer en leur compagnie, le résultat devant faire l’objet d’un enregistrement fidèle, à l’usage des générations actuelles et futures.

Agrémenté de photos qui témoignent hélas d’une époque révolue, le petit livret constitue une précieuse source de renseignements, chaque titre étant accompagné d’un commentaire circonstancié (le pourquoi du comment) et de la liste des musiciens, longue comme le Mississippi.

Ainsi, l’original « Toujours demain » se veut dans la tradition des ballades louisianaises qui commencent en valse, puis traînent des pieds sur le plancher avant de devenir d’une tristesse épouvantable, pire que le blues. :pleure2:

Ou encore « T’es la seule » (titre préféré de B.B.B.), en droite ligne du rock and roll chicano, sorte de mélange de mariachis mexicains et de fanfares New Orleans, le son de l’orgue se substituant à celui de l’accordéon.
Bref, il y en a 13 comme ça, puisque l’album comprend 13 titres, auxquels s'ajoute une version remixée de « Gare ta voiture dans l’allée ».

Les musicos sont tous du cru et ont le cuir tanné. Z’en ont vu des gugusses venir chez eux faire comme si …
Ne se laissent pas avoir. Mais la sincérité et cette sorte de candeur d’enfant que Benoît Blue Boy manifestait avaient emporté le morceau. Ils avaient accepté non seulement de jouer le jeu, mais de jouer de tout leur cœur, de toutes leurs tripes, tout simplement, comme ils l’ont toujours fait. Certains ont même retrouvé leur jeunesse.

« Unk » John Turner, Duke Anthony (drums), Hector « l’Arana » Watt et Randy Garibay (guitare), Mark Goodwin (piano, orgue), the West Side Horns (sax, trompette), Don Leady (guitare et accordéon), tels sont, selon les morceaux, quelques uns des musiciens présents dans le studio.
Pas de synthé, pas d’air conditionné :non!: .
Tout est naturel jusqu’aux pales des ventilos. Mais croyez-moi, les musicos et Benoît Blue Boy ne brassent pas de l’air, eux.

Je crois sincèrement que tout amateur de blues, de rock et même de jazz devrait posséder ce CD. Il se veut la quintessence, la synthèse de ces genres.
Tout est authentique, tout est naturel là-dedans, comme vous pourrez en juger ci-dessous.

Les titres du disque :

1 – Gare ta voiture dans l’allée

2 – Hey ! toi

3 – Toujours demain

4 – 10 h ½ « à chez nous » Aka « Pacha-Gumbo »

5 –T’es la seule

6 –Blues en la noche (« le blues dans la nuit »)

7 – J’entends ton taxi qu’arrive

8 – J’suis pas l’homme qui t’faut

9 –Tu sais rien

10 –C’est moi qui tient l’volant (l’un de mes titres favoris)

11 – Un sale boulot

12 – Rentrer chez moi

13 – Tous les jours

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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Texas Rangers » dim. 30 déc. 2018 20:16

Bonjour tout le monde ! :hello:

Alors que s'achève 2018 et que s'annonce déjà 2019, me vient l'envie d'écouter cette chanson du chanteur Frederik Mey, extraite de son premier album datant de 1968.

C'était une bonne année je crois


Il est né Reinhard Friedrich Michael Mey en 1942.

Auteur- compositeur, interprète et fin guitariste, de nationalité allemande mais parfaitement bilingue, Frederik Mey a enchanté les années 70 (et un peu 80) avec des titres emplis de poésie et de simplicité qui décrivent la vie sous tous ses aspects, les amours de tous les jours. Et s’il assène des coups de griffes, c’est avec humour et dérision.

Ses textes n’usent d’aucune métaphore. Ils sonnent vrais, justes et la syntaxe, le vocabulaire qu’il emploie font honneur à la langue française.
Même si ses apparitions médiatiques (en France) étaient/sont fort rares, Frederik Mey a su agréger autour de lui un public nombreux, fidèle et très averti.
D’ailleurs à ma connaissance, jamais aucun de ses LP ou CD n’est allé faire pénitence dans le bac d’un soldeur.

Véritable icône en Allemagne "en qualité de" Reinhard Mey, c’est sous les traits d’un troubadour muni de sa seule guitare acoustique qu’il se présente chez nous.
Plus tard, au fil des albums, l’accompagnement musical s’enrichira ici d’une guitare électrique, là d’une pedal steel, avant d’être « normal » comme dans son pays d’origine, à partir du 6ème 33 tours.

De 1968 à 1982, il fait paraître 8 albums (dont 2 double 30 cm en public) avant un long silence qui perdure jusqu’en 2005. Cette année là, Frederik Mey nous propose le volume 7, également intitulé « Douce France », un disque cruellement mature, aux accents amers, nostalgiques, testamentaires, qui tranchent quelque peu avec sa discographie antérieure.

Si d’aventure le répertoire de Frederik Mey vous intéresse, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer d’abord l’un ou l’autre de ses doubles albums en public, qui constituent son « Best of » en quelque sorte.
double album public de frederik mey.jpg
double album public de frederik mey.jpg (21.35 Kio) Vu 506 fois
Après, si le cœur vous en dit, vous pourrez toujours compléter votre collection avec des albums originaux.
Tous ont fait l’objet d’une réédition CD.
De toute façon, si le style vous plaît, aucun d’entre eux ne vous décevra, je vous le garantis sur facture.

Allez, un petit extrait de son deuxième album :

Je dirais j'ai tout vécu


Je vous souhaite à toutes et à tous d'excellentes fêtes de fin d'année [:cerveau picole]

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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Texas Rangers » ven. 4 janv. 2019 19:25

Hello foule sentimentale ! :hello:


En matière musicale, si l’on veut découvrir un artiste, un genre ou tout simplement se plonger dans une époque, il n’existe rien de mieux que les compilations et autres « Best Of », à condition de bien les choisir.
Pour ce qui concerne le rock and roll des années 50, nombre de labels vous proposent les sempiternels classiques des classiques empilés de guingois et qui n’apportent pas grand-chose.

Plus raffinés, plus créatifs, sont les compilateurs qui proposent de découvrir une époque, un genre, un artiste, par le biais de succès établis auxquels sont joints des titres certes d’envergure, qui ont compté des fans par millions, fait danser, rêver, se rencontrer, mais que la mémoire n’a pas retenus.

Il en est ainsi du double 33 tours « Solid Gold Rock ‘ n’ Roll – An anthology of early american popular music », dont j’écoute le disque 1.
mon double album rock and roll.jpg
mon double album rock and roll.jpg (147.49 Kio) Vu 483 fois
Le double album :
- Titre : Solid Gold Rock’ n’Roll – An anthology of early american popular music –
- Label : Mercury Records n° 6641 098 distribué par phonogram
- Année parution : 1973
- Genre : rock and roll, doo wop, pop début 1960
- Particularité : voyage initiatique musical de 1954 à 1962
- Qualité sonore : très bonne. Enregistrement mono d’excellente facture

Il débute par « Sh-Boom – life cold be a dream » (1954) qu’interprètent les Crew Cuts.


Son histoire :
La version originale de cette chanson présente trois particularités :
• Elle a été écrite en 1954 par les 4 membres du groupe de doo wop noir les Chords qui en feront un énorme hit la même année.
• Dans la rubrique « qui de la poule ou de l’œuf ?», « Sh-Boom » est considéré par certains spécialistes comme le premier disque de rock and roll. D’autres prétendent que c’est le « Rock around the clock » de Bill Haley. D’autres encore remontent aux années 40, sans oublier ceux qui citent « Rocket 88 », un succès pour Ike Turner et ses Kings of Rythm en 1951. De toute façon, le débat ne sera jamais clos.
• Ce sont les Crew-Cuts, un groupe blanc d’origine canadienne qui tirera réellement les marrons du feu en propulsant ce titre doo wop dans les charts mondiaux. Il sera repris des dizaines de fois et toujours avec le même succès.

Puis vient « Only you » (1956), le standard des standards, le tube des tubes, le slow des slows, interprété comme il se doit par les Platters, suivi pour faire bonne mesure, par son frère jumeau, le non moins célèbre « great pretender »
« Only you » the Platters

“great pretender” the Platters


« Why do you fall in love » (1956) par the Diamonds arrive ensuite.


Son histoire :
Son véritable co-créateur et interprète en 1956 s’appelait Frankie Lymon, un jeune artiste noir âgé alors de 14 ans, qui officiait au sein des « Teenagers » (Frankie Lymon § the Teenagers).
Avec son groupe de doo wop il obtînt encore quelques grands succès.
Mais son producteur y mettra involontairement fin en l’incitant à entreprendre une carrière solo qui se révèlera moins fructueuse et pour lui et pour les quatre « Teenagers » restants.

De plus, sa voix mue, passant de soprano à grave. Le public se détourne. Frankie Lymon réussira tout de même à renouer avec le succès grâce à un tour de passe-passe.
En 1957, il reprend avec une voix de fausset « Little bitty pretty one » initialement chanté par Bobby Day (dont le plus grand succès sera toutefois « Rockin’ Robin ») mais réellement popularisé par Thurston Harris.

Ses nombreuses tentatives de reconquête resteront vaines.
Sa vie privée n’est qu’une succession d échecs et de déboires, en raison principalement de son addiction à l’héroïne dont il décèdera d’une overdose en 1968.

5 – « The Stroll » (1957) par les mêmes Diamonds


Son histoire :
Le Stroll est une danse en ligne (garçons d’un côté, filles de l’autre, puis un couple se forme) qui faisait fureur à la fin des fifties. Une scène du film « American Graffiti » en montre le principe.
The Diamonds est un groupe canadien (Toronto) de doo wop, formé en 1953, composé de quatre chanteurs blancs qui connut une série de succès comme «Little Darlin’ » ou le « The Stroll » précité.
Si les membres originels sont tous passés de vie à trépas, le groupe n’a cependant jamais cessé de tourner, moyennant bien sûr moult changements de personnels.

6 – « Little Darlin » (1957) par encore et toujours les Diamonds


Face B !
« Great balls of fire » (1957) Jerry Lee Lewis


Son histoire :
Ce titre a été écrit par Otis Blackwell et Jack Hammer en 1957. Il constitue le plus grand succès de Jerry Lee Lewis, pionnier du rock, communément appelé « the Killer ».
Initialement destiné à illustrer le film « Jamboree », « Great balls of fire » est en fait une ballade à l’origine.
Quand il apprend que l’interprétation est susceptible d’échoir à Jerry Lee (alors au faîte de la gloire avec l’ébouriffant « Whole lotta shakin’ goin’ on »), Blackwell modifie la chanson et en accélère le rythme.
En octobre 1957, Jerry Lee Lewis entre en studio (le mythique Sun Studio à Memphis). Un bassiste et un percussionniste son prêts à épauler le killer et son piano.
Mais il lui faut quelques verres de whisky pour être en forme. Allumé comme un feu d’artifice aux Champs Elysées, le killer déclare tout de go que le diable a pris possession de lui et qu’il entrera en enfer dès la fin de l’enregistrement.
Sam Phillips finira par le calmer et le killer offrira la bonne version SA bonne version de « Great balls of fire » avant que l’aube de ne se lève, laissant le diable sans voix.
A noter que le dernier couplet assorti de rires témoigne de l’état second dans lequel se trouvait Jerry Lee.
Jerry Lee Lewis : je vous en avais déjà parlé à maintes occasions.
Ce louisianais né en 1935 dans une famille pauvre s’initie très tôt à la musique et associe Boogie Woogie, Rythm’n’blues et Country dans une mixture qui lui est propre.
Pianiste de talent, il ne tarde pas à intégrer l’écurie Sun de Sam Phillips où son style détonne autant que ses frasques à la limite de la folie.
Elvis Presley, Carl Perkins, Johnny Cash, Chuck Berry et bien d’autres sont ses potes.
Considéré comme le 1er bad boy du rock and roll, on peut dire qu’il est l’initiateur de l’expression Sex, Drug and Rock and Roll, tant sa vie est peuplée de drames familiaux et d’abus les plus divers.
Bagarreur, provocateur, buveur, accro aux drogues, soupe au lait, doté d’une énergie et d’une fougue peu communes, Jerry Lee aura également fait parler de lui au plan conjugal.
En 1957 il épouse sa cousine germaine âgée de 13 ans … alors qu’il est légalement toujours marié !
Aux nombreux démêlés avec la Justice s’ajoute la désaffection du public qui, outré et écoeuré, n’achète plus ses disques et le siffle copieusement à chacun de ses concerts.
N’importe quel artiste et même simple quidam aurait été laminé.
Pas Jerry Lee !!
Insubmersible, inoxydable, indifférent au qu’en-dira-t-on et toujours aussi fougueux, le killer poursuivra sa route musicale, inscrivant ses prestations scéniques au Panthéon des concerts les plus dingues (il lui arrivait même de foutre le feu à son piano !).
Les disgrâces, les mises au ban de la société et autres poursuites judicaires dont il a été l’objet, ne l’empêchent ni de faire des albums de légende au fil des décennies suivantes, ni d’être intronisé au Rock and Roll Hall of Fame (1986) et encore moins de se voir décerner le Lifetime Achievement Award en 2005 pour l’ensemble de son œuvre.

Si l’on ajoute qu’il a vendu 25 millions d’albums à travers le monde en 61 ans de carrière, force est de reconnaître que des parcours comme celui-là restent exceptionnels …


7 - Chantilly Lace (1958) – The Big Bopper


Son histoire :
« Hellooo baby ! …. » ainsi commence « Chantilly Lace », le grand succès du Big Bopper (également repris par Jerry Lee Lewis) de son vrai nom Jiles Perry Richardson né au Texas en 1930.
Libéré de ses obligations militaires et titulaire d’un diplôme de technicien en radio diffusion c’est tout naturellement qu’il intègre une station de radio locale et adopte le nom de Big Bopper pour animer une émission qui le rend célèbre.
Promu directeur des programmes, il taquine la muse et compose pour divers artistes. Il enregistre aussi des disques qui n’auront pas grand retentissement jusqu’à ce « Chantilly Lace » qui le propulse vedette en 1958.
Mercury Records lui fait signer un contrat puis l’expédie en tournée aux States avec Buddy Holly et Richie Valens. Il ignorait qu’il entrerait dans l’Histoire.
Le 3 février 1959 à 0h50, l’avion de tourisme (un Beechcraft Bonanza) à bord duquel il avait pris place en compagnie de Buddy Holly et Richie Valens (et d’un pilote) s’écrase à Clear Lake dans l’Iowa.
Une violente tempête de neige avait bloqué toute l’équipe de tournée (dont Waylon Jennings). Déclinant l’alternative de poursuivre la route en autocar, Buddy, Richie et Big Bopper avaient préféré opter pour l’avion, quitte à défier les éléments.

Plusieurs chansons leur rendront hommage, comme « Three stars » ici interprétée par Tommy Dee en duo avec Carol Day (1959).


8 – Wooden heart (1961) Joe Dowell


Son histoire :
Confirmant le proverbe « c’est dans les vieux pots », Elvis Presley avait repris ce vieil folklorique allemand créé en 1827 pour le film « G.I. Blues ». Et ce fut un énorme tube en 1960.
Adapter le folklore, Elvis connaît (c.f. « O sole mio », hymne poétique napolitain créé en 1898 devenu « It’s now or never »). Mais reprendre une reprise de cette nature un an plus tard, fallait oser.
Joe Dowell a tenté le pari et l’a réussi. Il classera « Wooden Heart » à la première place du Hot 100, en vendra plus d’un million d’exemplaires et taquinera de belle façon les charts US avec d’autres chansons.
Originaire de l’Indiana, l’intéressé (qui compose aussi) s’orientera vers le folk et tâtera même du Gospel dans les années 70 et 80. Son activité musicale inclut également pas mal de jingles publicitaires et une participation musicale (EP) au bicentenaire des Boy Scouts of America
.

9 – Lover please (1962) Clyde McPhatter


Son histoire :
J’avais déjà évoqué la carrière de Clyde McPhatter.
Membre éminent des Dominoes et ensuite des Drifters (qu’il créera). L’Oncle Sam l’appelle sous les drapeaux en 1954 et il sera contraint de quitter le groupe.
A son retour en 1956, il entame une fructueuse carrière solo au sein du label Atlantic dont le point culminant sera la reprise de « lover’s question » de Brook Benton, qui se vendra à des millions d’exemplaires.
C’est en 1962, alors qu’il sous contrat chez Mercury, que Clyde McPhatter sort « Lover please » qui cartonnera dans le monde entier, suscitant un nombre important de reprises, dont celle en français interprétée par Richard Anthony (« Reviens vite, mon amour »)
Clyde McPhatter sera le rival désigné de Ray Charles. Mais, petit à petit, au cours des années 60 le succès s’éloigne et l’intéressé sombre dans l’alcool. Le public l’oublie.
Il décède en 1972, mais bénéficiera d’une reconnaissance posthume. Il entrera au Rock and Roll of Fame (1987), tandis qu’un timbre postal officiel à son effigie paraîtra en 1993.


10 – Hey Baby (1962) – Bruce Channel


Son histoire :
Compositeur et interprète de ce tube qui le rendra célèbre, Bruce McMeans alias Channel est un texan pure souche qui réside depuis des lustres à Nashville Tennessee. Il écrit pour d’autres et ses chansons sont couronnées de succès et de prix.
Appréciant peu les voyages, c’est associé à Delbert McClinton alors harmoniciste et chanteur de musique country qu’il parcourt les scènes mondiales et notamment européennes au début des sixties, notoriété oblige.
Il est entré doublement dans la légende :
• Les Beatles, alors parfaits inconnus, l’ont accompagné sur scène lorsqu’il s’y produisait avec Delbert McClinton.
• De plus, John Lennon ne repartira pas les mains vides. Il emportera avec lui les riffs et solos d’harmonica qui ponctuent « Hey baby » (dont Delbert Mc Clinton est l’interprète), pour les déposer délicatement sur « Love me do ».
En effet, « Hey Baby » comme « Love me do » sont à classer dans le genre Skiffle, alors très en vogue. Ne pas oublier que les Beatles, à l’instar d’une flopée de groupes, ont d’abord joué du skiffle avant de s’engager dans le Merseybeat.


11 – Hey Paula (1962) – Paul § Paula


Sa petite histoire :
Duo américain formé par Ray Hildebrand et Jill Jackson. Leur carrière dure 3 ans, de 1962 à 1965. Trois albums et trois singles sont à leur actif.
Si le titre éponyme connaît un succès international (vendu à 2 millions d’exemplaires, classé n° 1 au Billboard), les suivants n’auront pas le même impact.
Toujours est-il que Paul quitte le navire en 1965, afin de poursuivre ses études. Jill poursuit alors une carrière en solo, se marie avec son producteur (c’est plus facile après) et divorcera quelque temps plus tard.
Paul § Paula se reforment à l’occasion pour des galas ou concerts consacrés aux sixties, notamment au cours des 70’s et 80’s, alors frappées de fièvre nostalgique.



Et, pour terminer, puisque je l'ai évoqué plus haut, un petit « Rave on » interprété par Buddy Holly ça ne se refuse pas !


Enfin, pour faire bonne mesure, laissons « La Bamba » de côté, au profit de « Come on let’s go » (1958), un autre des succès du prometteur Ritchie Valens.


Et n'oubliez pas, Rock and Roll is here to stay ever and never ! Les SHA NA NA ici présents vous le rappellent!



:bounce:

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Charly
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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Charly » dim. 20 janv. 2019 15:32

Bonjour,

On a presque honte de poster après Texas Ranger, tellement ces messages sont détaillés...

Petite écoute à l'atelier/bureau cet après-midi pour me détendre avant une journée difficile demain :
ecoute1.jpg
ecoute1.jpg (174.97 Kio) Vu 457 fois
ecoute2.jpg
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jacques-loussier-pulsion-lp-album.jpg
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Musique pour piano et batterie : ça tape même dans les petites enceintes Akai SW30 drivée par un Technics SE-A800. Le piano est superbement rendu (à mon avis). C'est enregistrement est bien fait !
C'est très rythmique et le cela se présente presque comme un duo de percussions, musicalité du piano en prime.

Le titre phare a illustré une pub pour EDF dans nos jeunes années (enfin, pour les vieux comme moi :whistle: )

Charly

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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Charly » jeu. 14 mars 2019 19:15

Bonsoir

Je découvre le dernier disque du Tord Gustavsen Trio (paru en août dernier) : "The Other Side".
Un style de jazz très cool, épuré, avec des influences de Bach. Dans son lit au casque (si madame n'aime pas) ou dans son salon avec un bon verre (ou même sans), je vous le recommande !!
the other side - 700.jpg
the other side - 700.jpg (88.64 Kio) Vu 276 fois
the other side-back.jpg
the other side-back.jpg (37.5 Kio) Vu 276 fois
Un petit extrait :


Pour l'instant j'écoute le CD, mais je vais le chercher en vinyle !!!!!

Charly

Katnomad
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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Katnomad » jeu. 21 mars 2019 17:24

L'autre jour je voulais écouter de la country en français , du coup je suis aller voir ce qui se fait de l'autre coté de l'Atlantique . De nombreuses découvertes et redécouvertes et depuis on écoute a la maison en famille Cayouche .

C'est un chanteur acadien ,l'Acadie ce coin du canada ou l'on parle français aussi. Il parle de sa vie , du quotidien de tout avec talent .
Un petit article de "Le Quotidien" par Daniel COTE

Je vous met trois liens Youtube.

Le portrait de mon père

Grand père Joe

Tu m'as flusher

en fait j'ai du mal a compter hop un petit quatrième

Le frigidaire de mon chum

Voila nous ici on est tombé amoureux Lucie moi et les enfants on danse au milieu du salon en l'écoutant. J’espère que Cayouche vous mettra autant de baume au cœur qu'a nous.

Eric

JiDé
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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par JiDé » ven. 22 mars 2019 10:36

https://www.youtube.com/watch?v=954u86QD-JY


C'est la version CD Vertigo que j'écoute... :casque:
A: Sansui AU-222/Revox B260/B226/B795/Symbol MkII/Philips CDR 760/Teac VRDS-20

B: Revox B250/A720/B225/A76/B215/Ditton 33/Thorens 126 MkII

Les fillotes: Luxman SQ-202/2*Revox A50/B225/Denon DCD 510AE/Marantz CD 60/2*Revox Piccolo MkII/Kef C20

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Pougatchoff
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Re: Ce que vous écoutez en ce moment

Message par Pougatchoff » dim. 24 mars 2019 20:42

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The Dead South - In Hell I'll Be In Good Company

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