L’analyseur Audio chez Audiovintage.

L'analyseur Audio chez Audiovintage : Distorsion-a-1v-en-sortie-preamplificateur-Onix-OA24-entree-phono-MC
Audiovintage propose depuis longtemps des mesures sur vos appareils révisés, particulièrement pour les amplificateurs et préamplificateurs.

De nombreuses mesures peuvent être réalisées à l’aide de montages DIY (Do It Yourself) à base de carte son et de logiciels gratuits ou payants. Il existe également des outils « tout en un » bon marchés (du moins par rapport au prix d’un vrai analyseur audio), qui peuvent être intéressants pour l’amateur.

Le professionnel utilise du matériel professionnel.
Il n’a pas le temps de « bricoler » un logiciel « amateur », ni le temps de se poser des questions quant à une énième mise à jour d’un logiciel, d’un pilote ou même du système d’exploitation.
Le professionnel a besoin d’un outil fiable, dédié à une utilisation spécifique, aux normes établies et dont les mesures peuvent être comparées avec des mesures réalisées sur un appareil identique, avec des paramètres identiques à l’autre bout de la Terre.

Seul, un véritable analyseur Audio Professionnel répond à ce cahier des charges.

Quels analyseurs audio chez Audiovintage ?

L'analyseur Audio chez Audiovintage : Rohde&Schwarz UPV
J’utilise de temps en temps un modèle Rohde & Schwarz UPV.
Il est basé sur le même principe que l’UPL (que j’ai utilisé auparavant et qui coule des jours heureux chez mon confrère et ami Dominique d’Audiotronik).
Il est plus récent et plus rapide que l’UPL, le fonctionnement n’est plus sous Dos mais sous environnement Windows.
Je ne l’ai pas ouvert depuis un moment mais le manuel d’utilisation dépasse les 1000 pages.
C’est un extraordinaire appareil d’analyse audio. Des fonctions étendues que ce soit dans les mesures ou les diverses possibilités de contrôle à distance. Ses possibilités dépassent très largement l’utilisation que je pourrais en avoir.

L'analyseur Audio chez Audiovintage : PrismSound Dscope III
Mon analyseur audio principal est un produit anglais. Le PrismSound (aujourd’hui Spectral Measurement) Dscope III.
Contrairement à l’UPV qui intègre un ordinateur complet, le Dscope est un boitier interfacé en USB avec un ordinateur externe. Il y a beaucoup d’avantages, ne serait-ce qu’en puissance de calcul et en possibilité d’évolution software.
Pour autant, le Dscope est en performance « pure », bien moins performant que l’UPV. Il reste très largement suffisant de ce point de vue pour réaliser des mesures comme je le pratique.
Son interface hautement paramétrable le rend plus rapide à utiliser, même si son fonctionnement est finalement bien moins intuitif (de mon point de vue) que l’UPV.

Bien sûr, avec un tel appareil entre les mains, on se dit que l’on va pouvoir comparer les mesures réalisées aux données indiquées dans le manuel technique de l’appareil en test.
Hélas, ce n’est pas toujours si simple.
Entre les normes de mesures qui ont changées, les manuels de services incomplets et/ou erronés, la tension secteur différente, les appareils de mesures de l’époque bien différents de ceux d’aujourd’hui, les locaux (ou labos) et leurs installations électriques… Vous m’avez compris.
Autrement dit, si les mesures trouvées sur Audiovintage vous semblent différentes (en mieux ou en moins bien) par rapport au données du constructeur de votre appareil ou les mesures réalisées dans les revues de l’époque, vous ne devez pas vous en formaliser pour autant.

L'analyseur Audio chez Audiovintage : manuel technique du Sansui AU-999; prudence !
Petit exemple sur la mesure de puissance d’un Sansui AU-999 (qui n’a pas le manuel technique le moins complet).
Il n’est indiqué nulle part que cette mesure s’effectue sur les deux canaux en même temps.
Et pour cause, sur cet appareil la puissance maximum annoncée est celle d’un seul canal à la fois.
Et oui, il n’y a pas que les amplis modernes home-cinéma bon marchés ou les mesures sont « arrangées ». Sansui le faisait déjà à la fin des années 60. 🙂

Une bonne partie du reste des spécifications techniques est du même tonneau. Par exemple, la bande de fréquence ou la fréquence fixe sur laquelle la mesure de puissance est effectuée n’est pas indiquée.
Cela change grandement la mesure ! Et vous aurez encore une mesure différente que vous configuriez son entrée secteur en 220V, 230v ou 240v…

Et les appareils autres que les amplis et préamplis ?

Les mesures sur les tuners sont compliquées.
Les manuels techniques sont la plupart du temps encore plus obscures que pour les amplis et préamplis.
Les appareils de mesures de l’époque sont aujourd’hui tous bien « cuits » et l’utilisation d’appareils récents qui utilisent souvent des échelles de valeurs différentes, des niveaux de sorties différents et des adaptations d’impédances problématiques pour des mesures chiffrées entre la sortie du générateur FM (encore un autre appareil onéreux dans l’atelier) en 50 ohms et les entrées des tuners en 75 ou 300 ohms.
De plus, pour réaliser des mesures « un peu » poussées, on va rajouter dans l’équation le générateur de l’analyseur audio qui va lui-même être connecté au générateur FM qui lui-même va moduler le signal sur la bande FM, l’envoyer sur sa sortie 50 ohms qui va devoir être adaptée à l’entrée d’antenne du tuner. Cela fait beaucoup.
Autrement dit, il est possible de régler parfaitement un tuner, mais mettre en ligne des mesures chiffrées est possiblement compliquée…
Sachant qu’un gros paquet de tuner très anciens sont souvent mal configuré avec une désaccentuation mal réglée pour l’Europe et qu’ils ont quand même droit à des propos dithyrambiques des utilisateurs, on peut légitimement penser que beaucoup de réparateurs ne voient pas l’intérêt de se lancer dans l’expertise approfondie de tuners qui leur sont confiés…
Lien vers un Sansui TU-555 pour l’exemple d’une mauvaise désaccentuation.

Il n’y a aucun souci pour réaliser des mesures sur des préampli phono ou des prépré du moment que les courbes de corrections puissent être rentrées dans l’analyseur pour visualiser plus facilement et rapidement les résultats.

Pour les appareils « lecteurs », comme un lecteur CD ou un drive (lecteur CD sans conversion numérique vers analogique), il faut générer un signal connu, autrement dit, créer un CD audio avec le signal en question.
Le générateur n’étant plus l’analyseur audio mais l’appareil en test, cela amène des inconnues supplémentaires dans l’équation. Cela dit, on peut néanmoins obtenir des mesures très précises en sortie de lecteur.
Dans le cas d’un drive, la sortie étant numérique, soit l’analyseur à une entrée numérique (ce n’est pas le cas sur mon R&S UPV) soit on le connecte à un DAC qui fera la conversion numérique/analogique avant la mesure.
On ajoute alors un autre appareil dans la mesure, ce qui n’est jamais souhaitable. Il faudrait donc, avant toute chose, mesurer le dac en lui-même. En le connectant à un ordinateur et en générant sur celui-ci le signal par exemple, mais cette fois, on ajoute l’ordinateur dans l’équation 🙂
Mon Dscope III permet ce type de mesures numériques.
Cela dit, intervenir dans des lecteurs CD ou drive ne m’intéresse pas vraiment, les mécaniques laser ayant une durée de vie plus ou plus importante et leur remplacement étant souvent compliqué voire impossible faute de pièce.

Les mesures réalisées caractérisent t’elles la qualité d’écoute des appareils ?

La réponse est nuancée.
Selon les appareils, leur schéma, le fait qu’ils soient à tubes ou à transistors, certaines mesures peuvent montrer une faiblesse ou un point fort.
Ces faiblesses ou point forts ne sont qu’une partie de l’équation du fonctionnement de la chaine complète : la pièce d’écoute, les enceintes, les sources, le positionnement, les enregistrements, l’oreille et les préférences de l’auditeur….
Tout ceci est au moins aussi important que la tête du signal carré à 100hz.
Ainsi les mesures réalisées peuvent montrer un ampli particulièrement à l’aise dans le grave, mais si on lui colle aux fesses une paire d’enceintes récentes avec des boomers de 10cm qui descendent péniblement à 100 hz avec une grosse bosse dans les fréquences supérieures pour faire illusion, que l’ampli soit bon ou pas dans le grave n’y changera rien.

Un analyseur audio est-il indispensable au dépannage ?

Cela dépend de ce que l‘on entend par dépannage.
De nombreux réparateurs n’ont pas ce type d’appareil à disposition et cela ne les empêche pas de diagnostiquer des pannes et de les résoudre. (Et heureusement !)

Une fois que le transistor fautif est remplacé, que le condensateur fuyant a laissé place à un petit nouveau propre sur lui, que le son est correct à l’oreille sur les deux canaux, on peut s’arrêter là, établir la facture et inviter le propriétaire heureux à récupérer son précieux.

Dans ce cas, et de mon point de vue, le travail n’est fait qu’au trois quarts.
Il ne faut pas oublier que nous intervenons sur des appareils qui ont parfois plus de 40 ans d’existence derrière eux et ne pas oublier non plus que l’oreille humaine, avec toutes les qualités qu’elle possède, n’est pas un outil d’analyse suffisant dans ce cas précis.

Prenons l’amplificateur fraichement réparé et branchons le nécessaire pour une vraie analyse.
Une mesure à faible niveau de sortie (disons 1w à 1khz sous 8 ohms) révèle une distorsion de 0.005% à gauche et de 0.8% à droite.
Cette différence anormale est inaudible à l’oreille, mais il faut en connaitre la raison afin de ne pas rendre au propriétaire un appareil susceptible d’avoir un souci ennuyeux dans un futur proche. Les causes peuvent être diverses, connectique en mauvais état, commandes ou relais encrassé, composant en fin de vie…

Et encore, ici, je n’aborde que la distorsion, d’autres mesures pourraient mettre en lumière un souci quelconque non audible (du moins pour le moment) : mesure de réponse en fréquence, de rapport signal/bruit…

Pour conclure :

Un analyseur audio n’est donc pas nécessaire pour résoudre une panne, mais il est plus que nécessaire de passer amplis et préamplis réparés au banc de mesure pour vérifier qu’il n’y a pas de souci en devenir, qui, loi de Murphy oblige, mettra réellement en panne l’appareil après l’avoir rendu à son propriétaire.

Bien évidemment, cela n’empêchera jamais un amplificateur de 40 ans de tomber en panne aléatoirement (oui, même révisé, non je ne vous rends pas un appareil neuf), mais je n’ai aucun doute sur son état au moment même où je vous remets votre appareil fraichement réparé/révisé.

Et croyez-moi, c’est un état d’esprit, un sentiment du travail bien fait, qui vaut largement l’investissement énorme en temps et en argent que demande l’achat et l’utilisation d’un analyseur audio professionnel, pour une petite structure comme Audiovintage.

Et si vous faisiez réparer et/ou réviser votre appareil hi-fi ancien ? : L’atelier Audiovintage

Cet article a 3 commentaires

  1. Laugeois Guy

    Très bon article.
    Propos techniques rigoureux,
    Dit par un professeur technique des ENSAM

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