En fait, ce filtre passif remplace un filtre actif... sur le papier, les avantages sont nombreux.
- Pas d'alimentation, donc du bruit en moins.
- Pas de circuit actif, donc pas de totors, de tubes ou autres (horribles) aop parcourus par le signal audio. Donc, plus neutre.
- Économie substantielle d'argent. En effet, transfos, condos, tubes ou totors, ça peut coûter plus cher.
- Possibilité de choisir l'ampli qui va mieux pour le grave, et un autre qui va mieux pour l'aigu et ou le médium.
Voici le schéma le plus connu lancé par la maison de l'audiophile, il y a une vingtaine d'années : Examinons le :

Un filtre passe bas et un passe haut à 12db/oct. C'est un butterworth classique, à savoir que son coefficient de surtension est de 0,707 soit racine de 2 sur 2.
Ne vous occupez pas de la formule donnée, un filtre à 12db/oct se calcule de la manière suivante :
Fc = fréquence de coupure = 1 / 6,28 racine de LC
En prenant les valeurs de 1,8H et de 39nF, nous obtenons bien 600Hz.
Le coefficient de surtension = R racine de C/L soit environ 0,7 dans notre cas, donc butterworth.
Ce coefficient de surtension ou facteur de résonance) est très important.
http://www-hadoc.lag.ensieg.inpg.fr/had ... 23/d23.htm
Car il est fonction de l'impédance, qui dans notre schéma est de 5K, mis en parallèle avec l'impédance d'entrée de l'amplificateur qui suit, qui doit être supérieure d'environ 10 fois celle du filtre. Soit donc environ 50K ou plus, pour quelle soit négligeable.
Ce coefficient de surtension doit être compris entre 0,5 (Linkwitz) et 1 maxi (Tchebicheff). Les valeurs intermédiaires 0,577 correspondent au Bessel (racine de 3 sur 3) et 0,707 au Butterworth.
En dessous de 0,5, nous aurons un filtre sur amorti avec un creux aux alentours de la fréquence de coupure, et au dessus de 1 le contraire avec une belle bosse...
Déterminer la valeur optimale de ce coefficient ne peut se faire qu'aux mesures, mais sachez qu'elle varie généralement entre 0,5 et 1.
Ceci est bien entendu valable également pour les filtres entre ampli et enceintes, en prenant pour R l'impédance du haut parleur à Fc, et pas 8 ohms ou 4 ohms.
Nous voyons bien que plus R est grand, plus L le sera également. Il faut donc baisser R, mais point trop n'en faut, car il ne faut pas que le préampli voit une impédance trop basse.
Une fois de plus, encore une histoire de fiancée, puisque l'on ne dit pas un compromis, mais une fiancée.
J'ai donc, pour vous faire part de ma petite expérience, construit un filtre de ce type. Autant le dire tout de suite, c'est une catastrophe dans le grave.
J'ai pourtant essayé avec des selfs capables de passer plus de 200mA et de résistance inférieure à 30 ohms, je vous raconte pas le volume... impossible de faire du grave correctement. Le haut parleur n'est plus tenu, cette #~$¤& self fout le bordel dans le grave !
Bref je fus déçu déçu déçu et quasi mécontent...
Bizarrement, c'est à peu près le même résultat qu'en passif entre l'ampli et le hp, en presque pire...
Par contre en passe-haut... aaaarrrrrgh ! C'est du bon, du très bon ! La Fc est bien respectée aux mesures, et la voie médium et ou bas médium gagne en définition.
Mais si je suis en 3 voies, il me faudra tout de même couper mon médium en passe-bas, allez vous me dire. Rassurez vous, ça marche bien également. En fait, il n'y a que dans le grave que ça coince...je pense qu'il s'agit d'un problème d'amortissement du haut parleur. Le fait de rajouter une inductance avant l'amplificateur doit complètement modifier le facteur d'amortissement de l'ensemble. ???
Donc, à partir de ce constat, c'était clair pour moi : Passif LCR partout, sauf en passe-bas pour la voie grave, où un filtre actif avec des cellules RC s'imposait. Pas de self !
Si vous avez quelques questions, j'essaierais dans la mesure de mes moyens d'y répondre.
