a day in the life

donc hier entre deux tasses de café je repère cette paire de rogers dans le coin de chez moi...
j'ai bien sûr entendu parler des mythiques LS3/5 mais sans en faire une priorité ni un but de vintage life...
je checke un peu sur le net ce qui se dit des LS7 et contacte le vendeur au cas où, sans trop m'emballer car le prix est somme toute raisonnable, paire de pieds inclus. pas le coup de fusil du siècle ( j'ai déjà joué mon joker avec les cabasse dinghy il y a 3 mois...) mais rien de malhonnête et surtout, sans doute la première fois que j'en vois passer sur/dans le coin . un message, deux messages, la tension monte un peu au fur et à mesure de ce que je lis, découvre, apprends et imagine sur ces modèles. le vendeur répond enfin vers 13:00. il n'avait plus de forfait sur son portable (n° de contact) mais j'avais appellé de mon fixe (vive free revolution!) et nous convenons d'un rendez-vous le lendemain matin car le reste de ma journée est plus que tendu. il m'avoue avoir reçu pas mal de mails lointains et il ne compte pas envoyer ses chères LS7 par la poste. j'ose demander ce qui motive sa vente et il me parle d'enceintes haut-rendement qu'il vient d'acquérir et qui selon lui laisse tout loin derrière... bref, entre deux dessins, je ne peux m'empêcher de surfer sur le sujet et je découvre que cette personne est bien connue de plusieurs sites vintage , où sous différents pseudos et avatars il semble s'être brouillé avec la terre entière lors de ventes, rachats, reventes, etc... je reste zen et me concentre sur les enceintes, euh je veux dire mes dessins, en attendant demain...

donc je prends la route sous le soleil sur un air de me'shell n'dege ocello et direction décines, à l'est de lyon.
aussi improbable que cela puisse paraître, ce coin semble être le terrier de la bonne enceinte vintage car les cabasse et les bose crèchaient par là-bas elles aussi... un gros accident sur la rocade et le bouchon qu'il génère m'oblige à rester patient, je me plante un peu sur les directions et perd encore un bon quart d'heure mais je préviens mr rogers. finalement, au fond d'une petite impasse qui donne sur le canal de miribel-jonage, j'arrive au pavillon où bastien - frêle silhouette d'adolescent renfermé - m'accueille en short/tatanes de rigueur. il est 9:45. le café espéré n'est pas proposé mais qu'à cela ne tienne, un auditorium sommaire a été installé dans un salon dépouillé donnant sur un bout de jardin en friche. là, sur un carrellage blanc immaculé, trônent deux chaises face à un système composé - outre les LS7 montés sur pieds atacama sablés séparés d'environ 2,50m - d'un ampli intégré meridian 551 et d'une platine technics SL110 équipée d'un bras jelco. pour l'occasion, nous avions convenu que j'amène mon intégré cambridge audio 500, histoire de vite redescendre sur ma petite planète... une des particularités de cet ampli de 2x65w est de ne pas avoir d'entrée phono de série mais un plug-in que je n'avais pas acheté à l'époque, l'ampli étant raccordé à une table de mixage qui gérait toutes les entrées phono. un détail que j'avais oublié jusqu'ici... :cpasmoi!:
histoire de s'aérer les oreilles on commence avec so what/kind of blue de miles davis, mon titre de référence connu par coeur. la magie du système opère et la stéréo CBS d'habitude très marquée L/R reprend ici une spatialité nouvelle. les timbres sont riches et naturels, la basse de paul chambers groove comme rarement et les balais de philly jo semblent comme un courant d'air venu du jardin.
bastien trouve son ampli bouché, insupportable. l'idéal selon lui est un ampli à tubes EL34. hum, certes... c'est pas avec mon cambridge qu'il va changer d'avis. faute d'entrée phono on est du coup obligé de le brancher avec un bête lecteur dvd pour écouter le même so what en cd.
bastien prétend n'entendre guère de différences, moi si. ce n'est pas le jour et la nuit mais quelques nuages gris sont venus boucher l'horizon mais inutile de me torturer, j'entends encore le potentiel incroyable des rogers et ma décision est déjà prise. on écoute encore quelques trucs, sidsel andersen sur ecm - forcément sublime. je demande à entendre du rock, enfin un truc moins jazz/live aéré pour voir ce qu'elles donnent avec du monde dedans.
- dire straits ou frank zappa /captain beefheart?
j'opte pour ce vieux frankie que j'admire mais dont je ne suis pas vraiment fan musicalement (sic) et je passe un mauvais moment... j'en regrette presque l'énervant mark knopfler (mon pote le chi pourrait me tuer pour dire ça) mais rien à dire sur le rendement des LS7 au milieu de ce barouf, sinon un manque de basses évident... une particularité de cet album paraît-il. aucun risque que je l'écoute à nouveau anyway...
sur mon portable, mon client s'impatiente. c'est bien beau d'écouter des disques au fin fond de décines sous la canicule mais pendant ce temps, y'à pas un chapeau de vendu... j'achète les belles fiches bananes reliées aux rogers afin de profiter d'elles dès mon retour. je signe un hum, gros chèque (pour un mardi) et on charge tout ça soigneusement, bien calé, bien planqué. je retrouve un itinéraire bien plus évident qu'à l'aller et taille la route. il est 11:45. mon idée de m'arrêter à casto pour du câble et un flexible de douche est très mauvaise avec de telles enceintes et un ampli dans la voiture. je débrancherai les bose et poserai les rogers sur les kef cantata en attendant d'installer les pieds. elles seront un peu trop hautes mais très stables et j'ai assez envie d'une écoute comparative, ce que permet le technics 8600.
à suivre...
