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Alors, comme Jean avec ses catalogues et publicités, je vais faire cela par année.
Mais, surtout pour le début, cela ne correspondra pas à l'année de sortie des disques, mais à l'année où moi je les ai rencontrés.
Car comme les livres, chaque disque à une histoire, et chaque histoire a ses disques.
1973
Parce que tout a vraiment commencé cet été 73. J'ai 15 ans, jusqu'alors, j'écoutais déjà du Rock, nous rentrions en courant du lycée le vendredi pour rater le moins possible du classement des disques sur Radio21.
Mais c'était encore un peu formaté, j'écoutais ce que les autres écoutaient.
Un nuit d'août, je ne sais plus trop dans quelles circonstances, à la fin d'un fête sans doute, je me retrouve chez un couple de fous de musiques.
Ils doivent avoir entre 25 et 30 ans, et très souvent ils vont à Londres faire le plein de disques.
Il y a là dans des armoires, des centaines de disques, et pour ne pas les abîmer, il enregistre tout sur bandes magnétiques, un gros Revox. C'est aussi la première fois que j'écoute de la musique sur une chaîne digne de ce nom. Je ne me souviens que du Revox à cause de la fascination des bobines qui tournent. ( Des JBL peut-être en enceintes ?).
Et là, en une nuit, je vais découvrir beaucoup de choses, et surtout un peu de l'histoire de cette musique. Apprendre à tisser les liens entre les disques, les influences.
Dylan, Neil Young, Manset, Elliott Murphy, Jefferson Airplane, Procol Harum, le Velvet, Soft Machine, Miles Davis; les portes d'un monde s'ouvrent, et jamais je ne m'en remettrais vraiment.
Je ne me souviens pas de tout, mais je me souviens avoir écouté:
Elliott Murphy : Aquashow

Ah Elliott, après cette découverte, j'ai attendu ses disques un à un, ah cette pochette de Night Lights. Il vit en partie en France, et donne des concerts chez nous et partout en Europe.
Bob Dylan: Blonde on Blonde

En Mono, un chef d'œuvre, un disque indispensable. Parce que: I Want you. Mais pas seulement, chaque chanson est un bijou.
Neil Young: After the Gold Rush
Déjà évoqué dans un autre sujet, ma porte d'entrée chez cet immense musicien.
Et puis, je reparlerai de Neil Young pour 74.
Manset: L'album blanc (Long long chemin) (72)
Manset, qu'en dire ? Rien à raconter sur Manset, faut écouter, c'est tout, il m'accompagne depuis cet été là, c'est indicible.
Quand je serai grand, si je ne peux pas être Elliot Murphy, je veux être Manset.
Si vous croisez cet album, n'hésitez pas, il est devenu rare.
Procol Harum : Live with the Edmonton Orchestra. (72)

L'enchaînement Whaling Stories- A Salty dog est beau à pleurer. Ecoutez Whaling Stories et vous y trouverez beaucoup d'échos qui résonneront chez Supertramp quelques années plus tard.
La voix, l'orchestre, la guitare inspirée, j'aime ce disque à la pochette dessinée.
( disque acheté à la braderie de Lille en 73)
The Velvet Underground and Nico (1967)

Ce disque, il est des jours où je le considère comme un des meilleurs disques Rock de l'histoire et le Velvet comme le plus grand groupe de l'univers.
A d'autres moments, d'autres albums viennent le supplanter. Cela dépend des saisons, de la couleur de mon âme.
C'est un disque qui défriche tant de chemins, tant de sentiers à parcourir.
John Cale, Lou Reed, Nico, Warhol…
Une œuvre d'art.
Et puis.. Sunday Morning, Venus in furs, Heroin…
Soft Machine et Miles, je ne sais plus quels disques nous avons écoutés ce soir là, et le choc n'a pas été immédiat, mais la porte était ouverte, et plus lentement, j'allais m'y glisser.
Ce sera le début véritable de mes achats de disques, tout d'abord ces artistes là, et puis avec le mois de novembre, viendront deux autres découvertes, qui n'ont peut-être rien à voir mais qui seront très importantes pour moi; Barbara et Ferré. Mais il m'est impossible d'en parler en quelques lignes.
J'avais 15 ans, des livres et des musiques plein la tête.
La suite.. un autre jour.
Mais, je suis persuadé que certains d'entre vous ont aussi leurs disques de 73..


