Juke Box - les cinglés du Single ...

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Texas Rangers
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Re: Juke Box - les cinglés du Single ...

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Bonsoir à toutes zé tous ! :jap:

En ces soirées où le brouillard, la froidure et le crépuscule rivalisent de tristesse, rien de tel qu’un petit single de derrière les fagots (qui iront bientôt dans la cheminée) pour réchauffer l’atmosphère. Et quand ce single dispense des sonorités brésiliennes mâtinées de Caraïbes, le soleil y el caliente apparaissent alors comme par magie.

En fait, j’ai gravé ce 45 tours sur un CD-R dédié aux singles de musiques douces présents dans ma discothèque. Une sorte de « Best of … » en quelque sorte.
Originellement destiné à agrémenter les trajets en voiture, le CD en question tourne parfois aussi en sourdine lors des soirées d’hiver entre amis.

Bref, j’avais entendu cette chanson sur la bande FM d’une radio allemande et je pensais qu’il s’agissait d’une chanteuse brésilienne. Ben non, renseignements pris, c’était Viktor Lazlo.
mon SP de Viktor Lazlo.jpg
mon SP de Viktor Lazlo.jpg (86.74 Kio) Vu 1652 fois
« Ansiedad » (extrait du film « Boom boom » paru en 1990)

Et la face B « Champagne and wine », figure également sur ce fameux CD. Elle laisse supposer que l’artiste est une passionnée de jazz, ce que confirme sa bio.


Biographie expresse :

Viktor Lazlo (nom d’un personnage du film « Casablanca ») est née Sonia Dronnier à Lorient dans le Morbihan, d’un père martiniquais et d’une mère grenadienne.
D’abord mannequin vedette de Thierry Mugler, elle intégre ensuite les Hollywood Bananas, le groupe de Lou Depricjk.

En 1984 elle enregistre son premier 45 tours « Backdoor man », chanson du film « A mort l’arbitre » composée par Alain Chamfort. Tout s’accélère ensuite.
Plus d’une dizaine de ses albums connaîtront un succès international. Gainsbourg, Pagny, Arno, Lavilliers, F. Hardy, Chris Rea et bien d’autres prêteront leur voix (duos) ou leur plume pour sublimer le talent vocal de Viktor Lazlo.
Son plus grand tube français est « Canoë rose » (1985).
Egalement actrice, outre le cinéma (cf "Boom boom"), la belle Sonia a tourné dans des téléfilms hexagonaux tels "Navarro" ou "Princesse rebelle".
Depuis 2010 elle est aussi écrivaine. Son premier roman « La femme qui pleure » avait d’ailleurs été récompensé.
Et comme si cela ne suffisait pas, en pure passionnée de jazz, elle a créé un spectacle dédié à Billie Holyday, tandis que ses récitals sont consacrés à Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald.


Mon CD contient un autre de ses singles « Pleurer des rivières » (1986), version française de « Cry me a river ».
En entendant cette chanson à la radio, je pensais qu’il s’agissait de Liane Foly. C’est dingue, elles ont le même timbre de voix je trouve …

Pleurer des rivières :

(Face B = Loser non présente ici)
mon single pleurer des rivières.jpg
mon single pleurer des rivières.jpg (80.89 Kio) Vu 1652 fois

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Texas Rangers
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Re: Juke Box - les cinglés du Single ...

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Bonsoir, amie...zé amis du soir !! :jap:


Dès 1972, le rock and roll des années 50 retrouve les faveurs du public. Le premier choc pétrolier, la récession qui en découle, la fin des 30 glorieuses (en 1973), tout cela germe déjà.

Les gens veulent se replonger dans leur enfance, rajeunir de 10 ou 15 ans, retrouver (ou découvrir) les émois adolescents, la joie de vivre et les espérances de ces années là.
Moins d’un an plus tard, avec « American Graffiti », George Lucas leur en donnera l’illusion tandis que l’industrie du disque lui emboîtera le pas (embauches d'artistes faisant comme si ..., rééditions), aux fins de recréer le golden age, l’époque des fifties (et des sixties).

Décors en carton pâte, musique et films taillés au format « nostalgie », tout sera mis en œuvre pour que le rêve tutoie la réalité.
Pas étonnant donc, qu’au pays de Sa Très Gracieuse Majesté, des groupes de rock and roll naissent et renaissent à la volée.

Les Flying Saucers en sont l’un des exemples typiques.

Originaires du nord de Londres, Pete Pritchard (basse), Terry Earl (batterie), Chris Townsend (guitare) et Alan Jones (guitare rythmique et chant), fondent le groupe en 1972.

Trois ans plus tard, comme il est de coutume au sein de ces groupes là, Townsend et Jones quittent la soucoupe, cédant la place à Nigel Owen (guitare) et Sandy Ford (chant) auxquels vient se joindre le saxophoniste Jacko Buddin.
Les Flying Saucers sont très vite adoptés par les Teddy Boys, signent chez EMI et, à l’instar de leurs collègues et néanmoins concurrents, tournent dans l’Europe entière et même au-delà des mers, où ils rencontrent un franc succès.
L’époque est au Rock, au Roll, au Rockabilly et à tout ce qui tourne around the clock.

La formation se sépare en 1986. Parmi ses faits d’armes, citons la réalisation de 6 albums ainsi qu’une apparition dans le film « Blue Suede shoes ».

Quant au chanteur Sandy Ford, qui est également auteur- compositeur, il a recréé un Flying Saucers bis à savoir Sandy Ford’s Flying Saucers qui apparaissent dans le film britannique « Buddy’s song » sorti dans les salles en 1991 (émanation de la série télé diffusée par la BBC en 1986).

Roger Daltrey (chanteur des Who) y tient l’un des rôles principaux (comme dans la série TV), en compagnie de Chesney Hawkes, Sharon Duce et Michael Elphick.
Un extrait de ce film :



Et maintenant, la chanson de ce film, « The one and only », interprétée par Chesney Hawkes.



Quant à moi, j’écoute le single des Flying Saucers.”Keep on comin’ » en face A, « Shadow walk » au verso, les fantômes du rockabilly hantent ces lieux.
A noter un détail qui me fait aujourd’hui sourire : la pochette du 45 tours exhibe la mention « Super Disco », signe qu’à l’époque, en 1976, il était digne d’entrer dans les discothèques.

mon single des Flying Saucers.jpg
mon single des Flying Saucers.jpg (102.14 Kio) Vu 1643 fois
Allez, assez discuté, place au vrai rock and roll, forever and everywhere !!!!!
Keep on comin’ :
Shadow walk :

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Bonsoir tout le monde :hello: ,


Histoire de rigoler un peu, voici ce que l’on peut appeler un « foutage de gueule » qui a cependant fait du bien en 1970, tant cette chanson a rencontré le succès auprès d’un public réfractaire aux chansons alambiquées.

C’est donc dans le « décérébré » que naviguent les oreilles au cœur de l’inénarrable « Ra Ta Ta » interprété par les Rotation, un groupe surgi de nulle part et dont on ne sait pas grand-chose.

L’auditeur constatera que les plus fins linguistes se sont penchés sur le texte à haute portée philosophique. Et, comme l’on parle de portée, notez le degré de recherche musicale de ce « Ra Ta Ta ». Vous avez froid ? Normal, c’est le degré 0.

Le comble de cette histoire réside dans le fait que ce « Ra Ta Ta » était devenu un « moulin à rata » tant le nombre de repreneurs était important.
Si important, que les producteurs ont été contraints d’inscrire « version originale » sur la pochette du single, afin que le client ne soit pas spolié en achetant une vulgaire copie.

Rendez-vous compte : même notre chanteur Antoine, ex beatnick avait repris « Ra Ta Ta » en français ce qui, à l’époque, avait mobilisé on s’en doute, les membres les plus éminents de l’Académie Française.

Présumant hâtivement que l’humanité se languissait de la suite, les Rotation récidivèrent un an plus tard (en 1971 donc) avec « Tru La La ». Mais là, le niveau intellectuel était trop haut et le public n’accrocha pas.

J’avais gagné le « Ra Ta Ta » des Rotation à la foire kermesse de ma ville.
Dire qu’il est encore neuf est un doux euphémisme. De toute façon, t’entendais que ça à la radio et je n’avais pas encore de tourne-disque (que je recevrai à Noël).

Mais « Tru la la » aurait été de trop, mon sang n’aurait fait qu’un tour, même avec les Rotation.
c'est le tru-la- tru-la- trulala.jpg
c'est le tru-la- tru-la- trulala.jpg (102.27 Kio) Vu 1628 fois
Les Rotation : groupe allemand (4 membres) formé à Hambourg, se réclamant du style pop/rock/psyché qui a sévi durant la décennie 1970/1980. Un seul album mais 7 singles sont à leur actif.
Il me semble que nos lascars avaient beaucoup écouté « Ob-La-Di Ob-La-Da » des Beatles sorti deux ans plus tôt, en imaginant « Ra Ta Ta » Même accroche au piano, même tempo, même ambiance festive, même refrain facile à chanter.
mon SP des Rotation.jpg
mon SP des Rotation.jpg (23.88 Kio) Vu 1628 fois
Allez on écoute !
1 – « Ra Ta Ta »

2 – B-Side : « Rotation » un instrumental qui se laisse écouter …


Vous en reprendrez bien un peu :miam: .
Alors voici « Tru La La » mais en italien par Nuovi Angeli



Face B : « Rotation II » - non trouvé sur YouTube
Modifié en dernier par Texas Rangers le lun. 31 déc. 2018 15:49, modifié 1 fois.

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Hello everybody, everywhere, :hello:


En 1971, la presse musicale française relate l’arrivée de John Denver, une nouvelle recrue dans le rang des chanteurs américains de folk song.
La critique musicale porte aux nues son 33 tours « Poems, Prayers and Promises », dont est extrait le single « Take me home, country road », une ballade country dans la plus pure veine folk, sorte d’alliance pure entre tradition et modernité.
A l’époque, la musique folk ne hantait pas spécialement mes nuits.
En effet, mes fragiles connaissances en langue anglaise m’interdisaient toute compréhension des textes trop élaborés (métaphores, formules poétiques, toussa …).

Qui est-il ?

Il naît Henry John Deutschendorf Jr. en 1943 au Nouveau Mexique. Son père est pilote- instructeur dans l’armée de l’air américaine.

Son parcours …

Il reçoit en cadeau une vénérable Gibson acoustique de 1910. Cette aïeule le fait entrer de plain-pied dans le monde de la musique.
En 1964 l’intéressé quitte l’université pour devenir musicien folk. Son parcours suit dès lors un cheminement logique à savoir : il écrit, compose, s’intègre et/ou créé des groupes de folk, se fait connaître dans ces milieux, puis tente l’aventure en solo.

Plus tard, il sera également acteur et … pilote d’avion, sa véritable seconde passion.

En 1966 il décroche la timbale …

Alors membre du Chad Mitchell Trio, il écrit une chanson qui fera le tour du monde grâce à Peter, Paul and Mary : « Leaving on a Jet plane ».



En France, la chanteuse Marie dont je vous avais présenté l’unique album, l’avait inscrite à son répertoire en 1971 sous le titre « Souris-moi, embrasse-moi ».

En 1969 il décide de faire cavalier seul …

John Denver débute une carrière en solo, enregistre deux albums qui lui confèrent une belle notoriété outre-atlantique.

Son style musical :
Voix douce et mélodieuse, musique au diapason, son univers musical et les orchestrations le rapprochent de Neil Diamond, Don McLean ou Joan Baez.

1971, l’année de la consécration …

Si le 33 tours « Poems, Prayers and Promises » le révèle au monde entier, il n’est que la remorque de la locomotive « Take me home, country road », qui connaît un succès phé-no-mé-nal.
Marie Laforêt en fera la première version française, « Mon pays est ici » … mais elle restera là-bas.


Deux ans plus tard :

En 1973, Claude François reprend ce fameux « Take me home … » en français sur son LP « Chanson populaire ». C’est à ce moment là que je découvre la chanson.
Intitulée « J’ai encore ma maison » (paroles de Eddie Marnay) cette version n’est pas mal du tout, tellement pas mal que l’envie de posséder l’original attise mon instinct de chasseur de vinyle.
Couteau entre les dents mais surtout porte-monnaie en poche, je me lance à la recherche de ma proie.
Je découvre ce 45 tours, non dans les rayons d’une grande enseigne mais, une fois encore, chez un petit revendeur d’électroménager.

En 1975, Dick Rivers traduira « Take me home, country road » en « Faire un pont » qui sera, je crois, son dernier gros hit.

Voici le single original, tel qu’il trône dans ma discothèque :

mon SP de John Denver.jpg
mon SP de John Denver.jpg (221.06 Kio) Vu 1620 fois
Face A : « Take me home, country road »


Face B : « Poems, Prayers and Promises » qui donne son titre au LP



John Denver, l’être altruiste, sensible aux enjeux écologiques et humanitaires :

John Denver reste très populaire dans le monde. Menant de front ses carrières de chanteur (et d’auteur - compositeur), d’acteur et d’aviateur, il épousera aussi les causes humanitaires et écologistes, s’investissant physiquement et financièrement sur le terrain.

Ainsi, par exemple, loin de la rhétorique stérile, l’artiste créera une fondation environnementale (Winstar Foundation), ira en Alaska pour superviser la création d’un refuge, rendra hommage au Cdt Cousteau par le biais d'un 33 tours et se rendra dans les pays d’Afrique touchés par la famine.
Il travaillera de concert avec les autorités concernées. Ensemble, ils conduiront des actions qui se révèleront efficaces.

En 1997, l’avion en fibre de verre qu’il expérimentait s’écrase dans les collines environnantes de Monterey (Californie).
Modifié en dernier par Texas Rangers le lun. 31 déc. 2018 15:50, modifié 1 fois.

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Re: Juke Box - les cinglés du Single ...

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:hello:

Pas plus tard que tout de suite, j'ai posté un topo sur "Out at Last" des Wild Angels, que j'écoute actuellement.
L'un des titres, "I fought the law", enregistré par les Crickets (musiciens de Buddy Holly) en 1959, mais véritablement popularisé par les Bobby Fuller Four 5 ans plus tard, est paru en 45 tours. Le single fit un carton dans toute l'Europe du nord et se classa même à la première place des charts suédois en 1972 :genial: .
wild-angels SP I fought the law.jpg
wild-angels SP I fought the law.jpg (14.39 Kio) Vu 1612 fois
La face B est inédite et c'est tant mieux :ange:

La voici :
Midnight rider


Ça vous rappelle quelque chose ? :gne:
Ben oui, c'est une variation sur la chanson "Promised land" de Chuck Berry.


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Hello braves gens ! :hello:

Ce soir, avant les Marshall Tucker Band en 33 tours, j'ai écouté ceci sur le mode 45 tours :miam: :

When I will see you again



Trois charmantes jeunes femmes originaires de Philadelphie (USA), trois voix soul que j’ai toujours aimées, qui s’associent en 1963.
Evidemment, le personnel a changé mais l’esprit et le talent sont toujours là, bien présents.
Plus d’une vingtaine d’albums au compteur, des distinctions à foison, la carrière des Three Degrees suscite l’envie.

C’est en 1965 qu’elles font paraître leur 1er single « Gee baby (I’m sorry » (que j’ai sur une compilation).
Managées par Richard Barrett, chanteur au sein de nombreux groupes de doo wop, auteur-compositeur et producteur influent, les Three Degrees connaissent grâce à lui un certain succès durant les années 60. Cependant, aucun de leurs disques n’affolera vraiment les hits parades.

Les choses changent radicalement dès le début de la décennie suivante.

Les Three Degrees « explosent ».
Les singles extraits de leur premier LP (« Maybe » en 1970) fournit une rafale de 45 tours à succès, puis d’autres singles encore (« Dirty ol' man », « I didn't know », « TSOP (The sound of Philadelphia » avec le groupe MFSB).

En 1973, « When I will you see again », titre issu de leur album éponyme, paraît en single et porte le groupe aux nues. Ce coup ci c’est la consécration mondiale.

Le reste appartient à l’histoire …

Et voici la face B :

I didn't know (on dirait les Supremes et c’est absolument délicieux)


L’anecdote qui va bien :

“When I will see you again” a été propulsé à la première place des charts britanniques. Rançon de cette fortune, les Three Degrees eurent l’honneur d’être invitées à Buckingham Palace pour chanter devant le Prince Charles qui fêtait son 30ème anniversaire.

A cette époque là, les Three Degrees se composaient de :

Fayette Pinkney, Sheila Ferguson et Valerie Holiday.
mon SP des Three degrees.jpg
mon SP des Three degrees.jpg (23.08 Kio) Vu 1602 fois

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Bonsoir, ô peuple aimé de ce forum épris de musique ... :jap:


Elles devaient s’appeler the Bangs, mais le nom était déjà pris. Alors va pour Bangles, histoire de ne se fâcher avec personne.

Mais, avant cela, les frangines Vicki (chant, guitare solo) et Debbi Peterson (chant, batterie, percussions et guitare acoustique le cas échéant) de Los Angeles, passent une annonce dans le journal local afin de recruter une copine, susceptible de les soutenir à la guitare et au chant. L’heureuse élue s’appelle Susanna Hoffs.

Nous sommes au mois de décembre 1980.

Le Paisley Underground est en train d’émerger et les Bangles sautent sur l’occasion sans attendre.

Ce style musical qui peut être classé dans le rock alternatif, est un pur produit Californien (Los Angeles), qui mixe joyeusement les Byrds (folk rock/ harmonies vocales fouillées), le rock garage (Love) et psyché.

D’autres y voient aussi le fruit du mariage entre le rock and roll et le punk, citant volontiers les Creedence Clearwater Revival et moi je vois que tout ce beau monde me fatigue. :autralia:


Plus tard ...

Leurs influences s’orientent ensuite vers le pop rock, mais elles conservent de solides attaches avec les vétérans du rock garage des 60’s, n’hésitant pas à se joindre au concert de Sky Saxon, le légendaire leader des non moins légendaires Seeds.
Elles sortent un premier single qui attirera l’attention du label IRS Records et s’adjoignent les services d’une bassiste, Annette Zilinkas, laquelle aura juste le temps d’en user les cordes sur un EP comprenant 5 titres, avant de quitter ses copines en 1983.
Susan Michael Steele, une ex Runaways assure la relève.

Les choses s’enchaînent de manière classique :

Contrat avec une Major (Columbia Records), 1er album (« All over the place »), 2 singles en sont extraits (dont « Going down to Liverpool » de Katrina § the Waves) et c’est le carton plein, les critiques sont dithyrambiques, le Billboard 200 leur ouvre ses portes, les ados s’émoustillent et enfin, nos Bangles assurent la première partie de la tournée américaine de Cindy Lauper, dont le style est assez proche.

« Different light » leur 2ème 33 tours sort début 1986 et place coup sur coup 3 singles sur le podium du Billboard Hot 100, tandis que la fièvre gagne aussi la Grande Bretagne.
A noter que Prince en personne mais sous un pseudo a écrit deux des trois titres (« Manic Monday » et « kiss ») tandis que le 3ème, « Walk like an Egyptian » vient carrément se loger à la 1ère place du classement précité.
Les Bangles marchent sur l’eau et tout ce qu’elles font se transforme soit en or soit en platine, comme l’album « Different light » qui est trois fois certifié.

Concerts sold out, Brit Award du meilleur groupe étranger décerné en 1987, leur reprise de « A hazy shade of winter » du duo Simon § Gartfunkel (B.O. du film « Neige sur Beverly Hills ») fait mieux que l’original et se classe 2ème au Billboard.

Et ce n’est pas fini :

1988 ne voit pas leur popularité faiblir. Le 3ème LP « Everything », connaît un succès international phénoménal, vigoureusement tracté par les singles « Eternal flame » et « In your room » qui enflamment les hits parades.

Des tensions apparaissent toutefois lors de la réalisation de cet album ...

Les frangines Peterson font sécession pour l’écriture et souhaitent une orientation musicale plus rentre-dedans, plus rock.
Suzanna Hoffs et Michael Steele se font la gueule et composent chacune de leur côté.

Durant la tournée promotionnelle de « Everything », la situation s’envenime. Suzanna Hoffs devient la cible des 3 autres.
On ne va pas entrer dans ces querelles à la noix.
Disons, pour résumer, que ces dernières nourrissent une rancœur envers Suzanna en raison du succès qu’elle rencontre auprès du public et de la presse.
Considérant qu’elles ont toujours tout partagé, sans que l’une ou l’autre ne soit avantagée, les rebelles décident tout bonnement d’interrompre la tournée et d’annuler toutes celles qui étaient prévues pour l’année 1989.

C'est le début de la fin et la séparation vient sceller leur mésentente. Elles se lancent dans des projets personnels, nourrissent de grandes ambitions et se rendront vite compte qu'individuellement elles n’intéressent plus grand monde.

Suzanna Hoffs entreprend une carrière solo. Deux albums plus tard, le bilan est sans appel : le succès est aux abonnés absents.

Vickie Peterson se joint aux Continental Drifters et remplace Charlotte Caffey, guitariste des Go-Go’s empêchée pour cause de grossesse, lors d’une tournée du groupe.
Sa sœur tout comme Michael Steele participent à la carrière de groupes aussi confidentiels qu’éphémères.

Un Best of des Bangles paraît en 1990 et connaît un succès mondial.

Neuf ans plus tard, toute rancune bue à la fontaine du manque à gagner ...

Le groupe se reforme et, progressivement, renoue avec l’activité discographique et les tournées.
Suzanna Hoffs a épousé Jay Roach le réalisateur de « Austin Powers ».

En 2003, leur nouvel album intitulé « Doll Revolution » ne révolutionne pas grand chose et Michael Steele … s’ tire en 2005. Elle est remplacée au pied levé pour la tournée australienne.

Au jour d’aujourd’hui, ce groupe du monde d’hier se compose de :

- Suzanna Hoffs : chant, guitare rythmique
- Debbi Peterson : chant, batterie, guitare acoustique et percussions
- Vicki Peterson : chant, guitare solo

Même si elles ne glanent plus ni or ni platine depuis longtemps, les Bangles tirent cependant toujours grand bénéfice de leur gloire passée.

Je possède deux 45 tours des belles :
mon 45 tours des Bangles.jpg
mon 45 tours des Bangles.jpg (57.28 Kio) Vu 1591 fois
1 - Manic Monday (1986) et son inimitable parfum des sixties :miam:


sa face B :
In a different light au style proche du groupe Blondie

SP Bangles 1988.jpg
SP Bangles 1988.jpg (87.62 Kio) Vu 1591 fois
2 - Eternal flame (1989) une ballade que j’écoutais en boucle


sa face B :

What I meant to say à la sonorité ensoleillée qui irradie la pop californienne

face B de mon single des Bangles.jpg
face B de mon single des Bangles.jpg (75.47 Kio) Vu 1591 fois

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Hello la bande de jeunes ! :hello:

Sur ma platine, en 45 tours, tourne ce disque :

Face A :
Have I the right


Face B :
Please don’t pretend again


the-honeycombs.jpg
the-honeycombs.jpg (18.1 Kio) Vu 1579 fois
Il y a bien longtemps, j’étais encore gamin, « Have I the right » passait ponctuellement à la radio.
Petit à petit, cette chanson se rattachait à des souvenirs de cours de récréation, à Salut les Copains, aux tournois improvisés de football devant chez nous, aux filles qui s’habillaient comme Sheila … et que l’on trouvait belles, belles, belles comme le jour …
J’avais beau être vigilant, il m’était impossible de retenir et le nom du groupe et le titre de la chanson. De toute façon, ma culture musicale était encore embryonnaire.

C’est fou quand on y pense, ces chansons, ces musiques qui accompagnent notre enfance puis s’en vont plonger dans le gouffre de l’oubli, avant que le hasard ne provoque d’émouvantes retrouvailles bien des années plus tard.

Et justement, le temps avait passé … on est en 1972, 73 peut-être, me rappelle plus …

Un mois de janvier frisquet en tout cas et des soldes à tout va qui réchauffent l’atmosphère. C’est le mois du blanc mais aussi celui de la braderie. Le hall du grand magasin « Inno » est empli de bacs eux-mêmes (trop) emplis de disques. 45 tours d’un côté, 33 de l’autre, tout est sens dessus dessous.

Qu’importe, de bonnes affaires sont en vue :miam: et l’on peut financièrement se permettre des découvertes et des déceptions, à condition de laisser sa maniaquerie au vestiaire.
En effet, beaucoup de pochettes sont écornées, défraîchies et les galettes présentent parfois des rayures quand elles ne sont pas carrément fendues.
Et là, le hasard de Balthazar fait que j’achète un ultime single qui avait attiré ma curiosité.
C’était celui des Honeycombs. Une fille à la batterie, une pochette sympa, les années 60 assurément, banco !
Et c’est ainsi que j’ai retrouvé la chanson de mon enfance et, avec elle, une flopée de souvenirs diffus.

The Honeycombs, une formation en marge du courant Merseybeat :

Le groupe se forme en 1963 au nord de Londres. Ils s’appellent Sheratons.
C’est au mois de juin 1964, au moment de l’enregistrement « Have I the right », qu’un ponte de leur maison de disques (Pye Records) renomme le groupe "Honeycombs » en référence sans doute, probablement, peut-être, à la chanson « Honeycomb ».

Honeycomb ?

C’est un standard américain créé en 1954, que Jimmie Rodgers inscrit à son répertoire trois ans plus tard et qu’il propulse d’abord dans les différents charts US.
Mais « Honeycomb » ne tarde pas à traverser l’océan, les mers et les frontières, suscitant d’innombrables reprises. Aujourd’hui, le titre fait partie du patrimoine musical populaire américain.

Le voici :
« Honeycomb » par Jimmie Rodgers en 1957




A noter qu’il existe deux Jimmie Rodgers dans la chanson américaine. Le premier (1897-1933) use de son vrai patronyme pour faire carrière dans la musique country.
Surnommé the father of country music, il est un pionnier du genre.

Spécialiste et maître incontesté du yodel, style musical utilisé par les montagnards autrichiens, suisses et allemands, que les migrants de ces pays avaient emporté dans leurs valises.
Le yodel consiste en des vocalises « haut perchées » composées d’onomatopées.

Elles servent de refrain, sont exécutées seul ou à plusieurs (les voix font alors écho comme dans la montagne), de façon très rapide (Autriche, Allemagne) ou lente mais continue (Suisse).
Le fameux cri de Tarzan est directement inspiré du yodel.
Les siffleurs sont les proches cousins des yodleurs.

L’exemple typique, dans tous les sens du terme !

Jimmie Rodgers « t for Texas » (1927)



Le second Jimmie Rodgers est celui dont nous parlons.

Né en 1933, son vrai nom est James Frederick Rodgers. Chanteur mi-country mi-pop, il a collectionné pas mal de succès (cf « Kisses sweeter than wine ») durant la décennie 1960/1970. Victime d’une mystérieuse agression en 1967, sa carrière s’est ensuite poursuivie de manière plutôt erratique.

Mais revenons à nos Honeycombs anglais :

La particularité de ce groupe tient au fait que la batterie est tenue par Honey Lantree, une charmante jeune fille. Autour d’elle gravitent :

- Denis d’Ell (chant, harmonica)
- John Lantree (frangin de Honey, il est à la basse)
- Martin Murray (guitare rythmique)
- Alan Ward (guitare solo)


Ils sont managés par Joe Meek, une sorte de Phil Spector anglais (et allumé comme lui) qui possède une écurie exclusivement composée de jeunes artistes britanniques talentueux.

Célèbres dans le monde entier, ils viennent même tailler des croupières à leurs homologues américains là-bas, de l’autre côté de l’atlantique (cf : the Tornados, John Leyton, etc …).
Ainsi drivés, les Honeycombs décrochent leur plus gros hit avec « Have I the right » (n° 1 en GB, mais aussi en Australie, au Canada, aux Pays-Bas, en Allemagne – ils feront même une version en allemand -, etc …).
Tiré par « Have I the right », le single suivant « Is it because » paru la même année, grimpe péniblement jusqu’à la 38ème place des charts britanniques et stagne dans le ventre (très mou) ailleurs dans le monde.
Le 4ème 45 tours, « Something, better beginning » (1965), pourtant écrit et composé par Ray Davies le leader des Kinks ne permettra toujours pas aux Honeycombs de refaire surface (classé 39ème en Grande Bretagne).

Something, better beginning



Et puis, en juillet 1965, arrive « That’s the way », 5ème SP du groupe. Et c’est le (petit) carton. :nicolas:
Il atteint la 12ème place en Angleterre. Le duo avec Honey Lantree n’est sans doute pas étranger à ce regain d’intérêt.

"That's the way"



Une place chèrement gagnée tant la lutte fait rage (les Stones tétanisent tout le monde avec « Satisfaction » et le niveau d’ensemble est trèèèèèèèèès élevé). Même s’ils échouent aux portes du top ten, les Honeycombs ne déméritent pas.

4 singles et peu d’albums plus tard, en 1966, le soufflé est retombé.

Face à cette situation, les Honeycombs changent de line up, se dote d’un claviériste et, pour marquer le coup, deviennent the New Honeycombs.
De la formation originelle les frère et sœur Lantree sont les seuls rescapés.

Mais ce toilettage n’a pas suffi. La sagesse commande au groupe de se séparer. Il obéit en 1967.

:salut:

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Texas Rangers
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Re: Juke Box - les cinglés du Single ...

Message par Texas Rangers »

Hello tout le monde :hello:


C’est en jetant de vieilles housses de pochettes que je viens incidemment de redécouvrir ce single des Steppenwolf auquel se rattachent tant de souvenirs … :nicolas:
mon 45 tours de Steppenwolf.jpg
mon 45 tours de Steppenwolf.jpg (22.24 Kio) Vu 1565 fois
Steppenwolf : face A : « Screaming night hog »



Steppenwolf : face B : « Corina, Corina » (vraiment superbe avec cette guitare au rythme pendulaire)



Grievous vous en avait parlé, Steppenwolf est ce groupe canadien établi aux Etats-Unis, qui avait frappé fort et définitivement avec « Born to be wild ».
C’était l’Hymne absolu du film "Easy Rider", tourné tout à la gloire des motards, des highways et de la liberté.
C’était en 1969 et mes souvenirs ne peuvent dissocier cette chanson des choppers et autres grosses bécanes sur lesquels étaient juchés de gros barbus casqués en partance pour l’aventure.

1969 : « Born to be wild », peaufine les contours du hard rock, du heavy métal et autre psyché rock de la décennie à venir, en cette année où ces genres explosent les potards d’une myriade de groupes comme Deep Purple ou Led Zep.

A cette époque (1969/1971), la passion que certains de mes potes nourrissaient pour le hard rock et la musique underground me stupéfiait.
Ils étaient capables de disserter des heures durant sur les mérites comparés de « Ummaguma » des Floyd, ou de « Get yer ya-ya’s out » des Stones, ou encore de « In-A-Gadda-Da-Vida » des Iron Butterfly, sans oublier le double live des Steppenwolf.

Même plus la place pour le « In Rock » des Purple. Z’étaient tous d’accord sur leurs désaccords et nous on s’en foutait.

Mais ils avaient éveillé ma curiosité pour cet univers musical dont ils parlaient avec tant de gourmandise et qu’ils trouvaient si merveilleux.
Ouais, mais comme au bord de la Mer du Nord au printemps et par temps couvert : d’abord tremper le bout des pieds. Pas question de plonger dans l’eau froide.
Alors, je suis resté au bord du hard rock et j’ai d’abord trempé un bout d’oreille dans ce single, comme ça, pour essayer.
Z’en faisaient un pataquès sur Steppenwolf. « Born to be wild » me bottait, alors pourquoi ne pas tenter l’expérience avec ce 45 tours que je ne connaissais pas ?

"Tu veux l' écouter avant d'acheter ?" demande ma copine la caissière, en sortant déjà le single de la pochette
« Ô Gaby surtout pas, remets-moi plutôt Johnny Kidd ».
Je voulais avoir la primeur de ce « Screaming night hog », sachant que « Corina, Corina » en face B ne m’était pas inconnu (présent sur le double live précité).

Bon, je me souviens d’un manque évident d’enthousiasme après 2 ou 3 écoutes. Je n’aimais pas des masses :/ .
Et puis, au fil des semaines nous nous sommes apprivoisés. Ce titre est bien foutu, fait honneur au style qu’il revendique et John Kay a plutôt réussi l’adaptation de « Corina, Corina ».
Mes potes avaient soutenu que ce titre faisait partie d’un quarteron de morceaux qui n’étaient pas de vrais « live », mais des enregistrements studio sur lesquels l’on avait greffé un public.

Le procédé était à l’époque très courant, tous artistes et genres confondus.

Bio brève du groupe :

• Origine du nom : il s’agit du titre d’un roman de l’écrivain allemand Hermann Hesse, paru en 1927 et intitulé « Der Steppenwolf ».
• Membres originels : John Kay (chant, guitare), Michael Monarch (guitare), Goldy McJohn (claviers), Rushton Moreve (basse), remplacé en 1968 par Nick St. Nicholas et Jerry Edmonton (batterie)
• En 1964 à Toronto, John Kay rejoint Goldy McJohn et Jerry Edmonton au sein des Sparrow, un groupe de blues assez réputé au Canada.
• Trois ans plus tard, les Sparrow quittent le Canada et s’installent d’abord à San Francisco où ils forment the Steppenwolf. Le succès est immédiat.
• En 1971, Steppenwolf se sépare une première fois. John Kay mènera une carrière solo. Trois ans plus tard, les loups reforment une meute et sortent un 33 tours (« Slow Flux »). En 1976 ils se séparent à nouveau.
• En 1980, les loups se reforment encore pour effectuer une tournée sous le nom de John Kay and Steppenwolf. Le chef de la meute sort son 7ème album solo, "Heretics and Privateers" en 2001.

• Aujourd’hui, le groupe tourne toujours, mais hormis John Kay, il ne reste plus aucun loup de l’équipe originelle.

Particularités :
• John Kay est né Joachim Fritz Kraudelat en 1944 à Tilsit, ville qui était située en Allemagne à l’époque (maintenant c’est en Russie).
• John Kay souffre d’une faible acuité visuelle et d’une sensibilité à la lumière (maladie génétique), raison pour laquelle il arbore toujours des lunettes noires.
• En 2002, la ville de Calw (Allemagne) avait invité les Steppenwolf au « Hermann Hesse Festival », en hommage à l’écrivain qui y était né.
• En 2004 le Canada’s Walk of Fame (allée des célébrités canadiennes) à Toronto, compte un pavé de plus, celui dédié à John Kay.


A mon avis et bien je ne possède aucun album du groupe, il serait à mon avis dommage de limiter Steppenwolf à « Born to be a wild ».
Bien sûr, il a connu d’autres hits en singles (« Magic carpet ride », « Rock me ») comme en LP (« Steppenwolf », « the Second », « Monster »), mais la postérité ne les retiendra pas.

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