Yamaha CR-1000
Un look « décalé », une conception surprenante, ce beau bébé de 19 kg et annonçant 2 x 70 watts sous 8 ohms mérite une bonne révision !
Acheté à un fidèle lecteur habitant non loin de chez moi (Grand bonjour en passant à toute la petite famille
) il était en bon état esthétique mais souffrait d’ennuyeux soucis.
Pour commencer, l’interrupteur on/off à bascule était cassé (le mécanisme en lui-même).
Le précédent propriétaire avait monté un interrupteur à l’arrière de l’appareil.
A la mise en route, le son n’était pas présent tout le temps sur les deux canaux (relais de protection oxydé).
Un léger grésillement se faisait entendre sur le canal gauche, et cela pendant quelques minutes. Les deux canaux étant bien séparés dans ce receiver, je me suis rendu compte que le radiateur coté gauche chauffait anormalement.
De plus la sonorité était médiocre : pas de tenue du grave, peu de dynamique, bref, du « pâté » sonore.
Pour terminer, il nécessitait comme toujours un gros nettoyage des commandes.
Une photo de l’intérieur du monstre. Si en plus j’ajoute que le fond ne se démonte pas, ça n’a pas l’air très facile d’accès !
C’est sans compter sur l’ingéniosité des ingénieurs de chez Yamaha !
La partie tuner pivote (comme un capot de voiture) et laisse apparaitre la partie alimentation de l’engin.
Je ne connais pas d’autres appareils utilisant ce genre de montage.
Sur la carte de régulation, quelques condensateurs chimiques ont bien vécus, et malgré de petits radiateurs, certains transistors semblent avoir bien chauffés.
Cette carte est entièrement révisée : tous les condensateurs chimiques sont changés, les transistors montés sur radiateurs sont démontés, testés et remontés avec de la graisse thermique.
Pour terminer, le relais est dessoudé, démonté, les contacts désoxydés puis l’ensemble est remonté.
Les deux condensateurs de filtrage vont également être changés.
L’ESR est encore parfait mais la capacité est bien loin des 10000uf d’origine.
Les neufs sont montés, capacité et tension identiques aux originaux mais en 105°.
Leur diamètre étant plus petits que les chimiques originaux, j’ai ajouté de la mousse provenant d’une gaine de protection pour tuyaux extérieurs.
Encore une fois la conception est excellente : deux grandes vis et la carte d’amplification du canal droit est dégagée !
J’enlève les deux transistors de puissances (la photo me permettra de les remettre dans le bon ordre
).
Lors du remontage j’en profiterai pour changer la graisse thermique qui n’est plus vraiment présente…
Les transistors démontés et deux autres vis enlevées, me voila avec la carte dans la main, parfaitement révisable sans rien avoir dessoudé.
Les quelques condensateurs chimiques ont été changés. J’en profite pour vérifier les soudures, les petites résistances ajustables ont eues droit à un coup de nettoyant contact.
Je remonte le tout et je m’attaque au canal gauche avec la même procédure. Sur la seconde carte, je remarque une soudure « cassée » qui est bien entendue refaite.
Le tout est remonté et remis en route pour un test rapide !
C’est la claque ! Je ne rentre pas dans les détails, je l’écouterai mieux quand il sera entièrement révisé.
Les grésillements ont disparus (sans doute la soudure cassée).
La température atteinte sur le canal gauche est toujours trop importante, il me faudra faire tous les réglages nécessaires grâce au Manuel de Service (très complet et disponible sur le forum).
Toutes ces petites cartes sont un régal à réviser : elles utilisent des connecteurs « rapides » ce qui simplifie le démontage et le remontage.
Je démonte la façade et accède au « reste » de l’interrupteur on/off original.
Merrylander sur le forum « Audiokarma » me propose spontanément un interrupteur speaker provenant d’un autre CR-1000.
Il m’envoi gratuitement cette commande, j’en profite pour faire une donation de quelques dollars à ce superbe forum comme il me propose de le faire.
Montage du switch avec ajout de deux condensateurs chargés d’absorber les pics de tension à l’allumage et à l’extinction.
Malheureusement, un détail important m’a échappé. Sur le CR-1000, pour le mettre en route, il faut lever le levier, et sur le switch « speaker » que j’ai utilisé, c’est l’inverse, il faut le baisser. Pour couronner le tout, ce switch ne peut pas être monté à l’envers, le montage présenté ici est donc utilisable mais les indications en façade de l’appareil sont inversées, ce qui ne me conviens pas du tout !
En fouillant dans ma « banque de pièces », j’ai mis la main sur ce switch à bascule, dont les contacts se font en position basse. Malheureusement, la tige n’est pas à la bonne longueur ni à la bonne forme pour y fixer l’enjoliveur.
La Dremel est mon amie ! Quelques minutes de travail et le switch est désormais parfaitement adapté !
Je change l’une des trois ( !) prises antenne FM qui était abimée.
Quelques ampoules sont changées.
J’utilise alors le Manuel de service pour réglage bias et Offset, aucune difficulté particulière.
Je laisse chauffer doucement le Yamaha sur le dernier album de Sade diffusé par le PC via un Dac USB de chez Hotaudio.
Ce gros receiver est connecté à des Wharfedale Diamond 8.1, pas vintage mais à la bonne réputation. Je les utilise souvent en fin de révision, avant que l’appareil ne prenne sa place « définitive ». Je les connais bien, elles sont gourmandes, un peu difficiles.
Ce qui se remarque immédiatement c’est la dynamique et la tenue du grave.
Pas d’aspect chaleureux que l’on retrouve sur d’autres « vintage ». Il n’est pas « froid » pour autant, le terme « natural sound » employé par Yamaha correspond parfaitement à l’écoute.
La partie FM n’est pas particulièrement remarquable, dans la bonne moyenne ni plus ni moins. La bonne position de l’antenne est primordiale sur cet exemplaire. Le CR-2020 que j’ai eu en révision était plus performant sur ce point.
Je n’ai pas touché à cette partie de l’appareil, j’évite, autant que je le peux d’intervenir sur ce qui peut devenir un calvaire à régler…
Le CR-1000 est un ovni vintage. Son look unique dans la gamme, sa conception « intelligente », sa diffusion plutôt faible en font une véritable icône.
En le comparant directement au CR-2020, plus haut de gamme, il n’est pas ridicule, et surtout, plus facile à réviser et j’ose rajouter plus fiable, surtout côté alimentation (point noir du CR-2020).
Peu d’exemplaires se retrouvent en vente, mais avec de la patience et quelques économies, il y a moyen d’acquérir un appareil différent…
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